[ART 21] à fond la flemmePrend 9 minutes de ta life à lire

Oué je sais, ça fait un *baille*, mais que veux-tu, une flemmingite aigüe, ça se contrôle pas. Mais ça s’explique!

L’asthénie (à tes souhaits)

T’es toultan crevée ma couille? T’inquiète, tu n’es pas seul; on est environ un tiers dans ce cas. Beaucoup de formes de fatigues sont directement la conséquence d’un effort, d’une maladie ou d’un dérèglement passager. Bref, si t’as envie de creuser avant de crever, tu peux toujours te faire faire un gros bilan sanguin pour vérifier ça et écarter les éléments pas du tout flippants de cette liste:

Bonus: l’épuisement neuro-immunitaire post-effort, l’encéphalomyélite, les déficits en micro-nutriments, sans oublier le suicide par pendaison qui donne très très sommeil.

Maintenant que tu as tout bien tchécké tu te rends compte que
1- t’es concerné par probablement au moins 3 des merdes citées ci-dessus;
2: t’es pas plus avancé sur la connaissance de cette profonde lassitude qui te pèse au quotidien.
Tu te doutes bien que je vais t’assommer la gueule avec les causes psychologiques de ton épuisement et ça te fatigue d’avance. Je t’invite dans ce cas à faire ce test puis lire la suite de cet article, si t’as encore un peu de force.

Petit glossaire de base avant d’attaquer

Tu dois bien faire gaffe à pas confondre certains termes. En vrai on en a rien à foutre et ça ne sert pas du tout la compréhension du truc, mais ça fait bien en soirée chez l’ambassadeur, alors go.

1- l’acédie: forme de fatigue liée à la vocation, ou toute forme de processus répété dans le temps (comme baiser la même meuf ou conduire la même ligne de bus ou prier le même dieu). De base ça vient justement des moines, qui sont connus pour péter une durite après peu ou prou 8 ans d’ordonnance. C’est la crise de foi religieuse, le burn-out pro, l’adaptation hédonique sentimentale. C’est trop de toujours pareil et ça rend guedin.

2- le nihilisme/àquoibonisme: toujours avec un vieux relent de religion dans le gosier, ces termes désignent la forme ultra badass de la fatigue. C’est même pu de la dépression à ce stade-ci puisqu’elle devient systémique: rien n’existe donc pas de raison de faire quoi que ce soit. On en reparle dans le prochain article, si tu t’es pas ouvert les veines avant.

3- L’ennui: quand tu te fais iech, tu es dans l’attente d’un truc. Un truc mieux, différent, même si t’arrives pas à mettre les mots dessus. Alors que quand t’es fatigué, t’attends rien de spé; c’est vraiment le désespoir profond. Idem, on y reviendra.

4- la procrastination: c’est pas paske t’es naze que t’arrives pas à agir, mais le contraire. Tel un petit chiard capricieux, tu veux ta gratification instantanée, pas fournir les efforts qu’il faut pour être enfin fier de toi, quitte à être frustré ou inconfortable. Donc non, t’es pas fatigué là, en vrai. Sorry not sorry. L’autre théorie c’est que t’es en panique devant l’éventuelle complétion d’un truc qui disparaîtrait une fois, bah, complété. Gros mindfuck le délire.

Ok ok, on passe au vif du sujet, princesse

Le blasement ontologique

Ouep, c’est des vrais mots. J’aurais pu titrer « l’épuisement d’être vivant », mais c’était moins stylé. Bref. Tu connais cette sensation merdique de fatigue nerveuse intense quand tu tapes une insomnie? En fait, c’est pasque t’arrives pas, de manière symbolique, à mourir. Voilà voilà. La vie est une agonie dont tu connais l’issue mais en attendant, c’est elle qui te mène par le bout de la teub. T’es suspendu entre surmenage (éros) et léthargie (thanatos). Alors, agir ou flemmarder?

Déjà, faut que tu comprennes que tu descends d’une lignée d’environ 100 milliards de gens qui ont affronté toutes sortes de merdes, et qui sont figurativement ou littéralement crevés. D’après tonton Nietzsche, tu finis par en avoir tellement plein le cul de te battre de vie en vie et de génération en génération que tu en deviens une grosse fiotte à qui on a appris plein de trucs de fiotte comme la vertu ou la compassion, qui sont selon lui des « jugements d’épuisés ». Du coup, des valeurs chelou comme le travail (que Lafargue appelle « passion furibonde sacro-sanctifiée) ou l’hygiénisme radical ont remplacé Dieu et sa croyance en un au-delà sympatoche, pour tenter maladroitement de niquer le dionysiaque (tout ce qui est chaotique, imprévisible, sombre mais au moins qui a la gniaque, comme la jalousie, la paresse ou la cruauté).

Comme déjà largement explicité dans l’article sur la dépression, tout ça t’entraîne vers une suradaptabilité à l’impermanence, une atomisation de tes cercles sociaux, une cristallisation de tes « caractéristiques », une uniformisation de ta valeur, une robotisation de tes actions, et une hyperactivité qui tient plus du divertissement que du réel investissement dans un truc. Tout ça te rend plus perméable que le troudballe de Belladonna. C’est pas bon, car à trop te prendre de chibres dans le fion, tu finis par en avoir rien à foutre de rien.

Tu glisses donc vers l’autre option, celle de rien branler et d’attendre que la mort vienne de chercher en Uber. C’est le personnage d’Oblomov qui représente le mieux l’archétype du gros tas de merde qui décide de ne pas en foutre une. T’as baissé les bras, tu t’enfermes dans la mélancolie, la rêverie passéiste, l’aquabonisme. Tel Gainsbourg tu te suicides en abandonnant la vie, mais en restant quand même vivant pasque bon, le suicide c’est quand même beaucoup de taf. Mais le pire c’est que comme dit Beckett, « La fin est dans le commencement et cependant on continue ». Que t’en branles une ou pas, t’ouvres toujours les yeux chaque matin, le monde tourne encore, et ça, ça fiche le tournis.

Tu peux le faire, donc tu dois le faire

Tu te réveilles et lorsque tu ouvres les yeux, le monde apparaît. Il vient de toi, de ta perception, de ta façon de répondre à ce que tu as toi-même créé. Au fond, celle qui te fatigue le plus, c’est pas uniquement tes ancêtres, ta mémoire, la pensée unique ou ton patron; c’est surtout toi. Enfin, tois. Je t’ai déjà expliqué comment t’es schizo sans l’être, mais petit rappel avec des éléments nouveaux en 3D. On a déjà survolé les concepts non-duels du Soi spirituel, du Soi Supérieur et de la Trinité Démente de l’égo, super bien disséqués en psychanalyse par Freud/Jung et les couches de conneries de ton Soi, Moi, Surmoi et Ça. Petit rappel:

Il FAUT! Regarder cette video. Nan vraiment. jusqu’au bout. Azy courage, fais pas ta flemmasse là. Appuie sur la flèche au centre de l’écran. Ouiiiiii c’est bien Germain.

Tu te souviens de cette histoire de choisir tes valeurs et t’y tenir? Bah c’est un peu de la merde, sorry. En fait, t’as une chiée d’archétypes qui se baladent en toi comme dans un donjon bdsm, et qui te mettent ici un coup de fouet, là un bisou sur la fesse. Et tout ce ptit monde a ses propres valeurs, et tous sont importants puisqu’ils font partie du Toi. Platon parlait déjà de l’âme tripartite ya un bail, bien avant la théorie des trois âmes des spiritualistes actuels: t’es en même temps
1- une paysanne qui taffe, cuit ses courgettes elle-même, fait des gosses et des pipes: c’est la Sensualité de Platon, qui a les pieds sur terre
2- une guerrière qui a la niaque, qui expérimente sans se la chier, qui s’en branle d’échouer: c’est le Courage de Platon, qui donne des coups de pieds au cul
3- une philosophe qui possède un phlegme à toute épreuve, une connaissance sans fond et des lignes de compte excel parfaites: c’est la Raison de Platon, qui a la tête sur les épaules

T’as donc en multiples tâches de fond ce que des gens sacrément souriants appellent les SPPA, ou Sous-personnalités Psycho-actives. Tes facettes, si tu préfères. T’es un loup solitaire, et aussi un vrai clown en soirée. T’es une princesse à paillettes, et aussi une leadeuse de fer. T’es un fils à maman et un grand voyageur aussi, une workoholic et une artiste aussi, t’es un amoureux fou et un pote aussi, t’es une grande optimiste qui se ronge les ongles d’anxiété, etc. Bref t’es un oxymore au carré à 4 dimensions.

A gauche, tes âmes. A droite, comment elles se transforment quand tu les laisses pas s’exprimer correctement.

Mais le bug ici, c’est donc que comme elle dit la madame de la vidéo ci-dessus, t’as la flemme de te « confronter à la difficulté d’être face à ton désir ». Du coup, tu te conformes à une seule de tes personnalités alors que ya « con » dans conforme donc tu sens bien que c’est caca. Alors oui ya aussi « forme » et on dit bien « être en forme » quand on est pas fatigué, mais non. Car c’est superficiel de choisir une seule et unique identité. Comme elle dit, c’est par paresse que tu suis les codes de ta persona (le toi construit pour paraître en société), et tu laisses dans l’ombre (jeu de mots pour toi fan de Gustav) plein de tois super cools. C’est balot.

Ce monsieur montre ici très bien comment allier tes personnalités de clown, de fashion-victim, et de macho assumé. Entre autres.

Conclusion chéper

Ceci dit, ta fatigue ne vient pas forcément que de ton auto-censure/constipation/conformisme/consketuveux. Scoop! Le contraire peut aussi te vider de tes forces. En fait, laisser trop libre cours à ta sauvagerie peut non seulement te mener en zonzon dans la société, mais également en zonzon dans ta tête, et te rendre zinzin (putain jme fatigue avec ces jeux de mots. Sérieux, achève moi steuplé). Courir après les expériences (voyages, plans cul, jobs, drogues) fait que tu te noies en toi-même: comme ta démarche n’a pas de finalité ni plan d’action vers un but précis, il n’y a pas de réelle confrontation à autrui -ni à toi-même. Par exemple, c’est pas en baisant mec après mec que tu finiras prêt pour te caser: forcément, tu clashes pas souvent avec un one-shot. Or, c’est du conflit que naît la construction, Gaston. Qu’il soit entre tes personnalités, tes strates de perception/fantasmes/projections, ou avec ta voisine, le rapport attraction/répulsion te fatiguera forcément, que tu cèdes à tes pulsions ou au contraire tentes de les contrôler. T’es baisé!

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