[ART 17] Bienvenue à GatacacaPrend 11 minutes de ta life à lire

Ya un âge -incertain- où ayé, y te pousse de la barbiche et où on commence à t’asséner des « sois un peu adulte, voyons! », ce qui te donne une forte envie de couler un bronze. Traduction pour les trop jeunes: de chier. Donc, l’age adulte, c’est l’age de bronze. Mais pas de la bronze genre jme fais dorer la pilule au soleil. L’age du bon gros caca velu durant lequel les choses auxquelles tu croyais dur comme fer fondent comme laiton au fer à souder.

Un beau jour, tu te rends soudainement compte que :

  • Non, on ne dira pas de toi que t’es « mimi à croquer » encore très longtemps
  • Oui, ta couleur de peau, ton tour de taille et le fait que tu préfères rouler une pelle à un mec au lieu d’une meuf peuvent te rendre « différent »
  • Oui, tu dois te ranger dans un camp, être pour ou contre tel truc, avoir une opinion tranchée, vite, et savoir l’argumenter
  • Non, tes cours de 4eme en français sur le texte argumentatif et la méthode associée ne t’y aideront pas
  • Oui, tu dois être un « bon » citoyen, un « bon » fils, une « bonne » pote, un « bon » employé
  • Non, personne ne te donnera de définition claire de ce qui est « bon », donc tu te feras souvent lyncher en pensant « bien » faire

Bienvenue, chère être humain, dans le monde merveilleux de la dualité. Comment en es-tu arrivé.e là, bonsandbonswar ?

Partie relou où je répète des trucs déjà expliqués dans ce blog

Avant, tout était lisse, pareil, frais. Yavait pas de jugement.

Jvais te traduire une histoire que ma gourou Tara Brach adore répéter. Un gosse assis dans la voiture avec sa mère. Au feu rouge, dans la voiture d’à côté, ya une meuf totalement à poil au volant ! Et là le petit s’exclame « maman ! Maman ! La dame elle a pas mis sa ceinture ! »

Voilà l’état d’esprit que t’as perdu à l’âge adulte. Avant, yavait « j’aime/j’aime pas » et puis c’est tout, tu t’en foutais que machin ou bidule pense le contraire.

Mais maintenant, t’es obligé d’élaborer ton discours, de savoir te présenter, pasque d’un coup, tout ske tu dis semble avoir une importance capitale pour tout le monde.

Capitale, pas pour rien : c’est entre 2 et 7 ans que s’est développée chez toi l’obsession de la mort, cet événement décisif qui te fera physiquement disparaître aux yeux du monde, alors que ce dernier continuera bel et bien de tourner.

La mort, ça rend zen

Depuis que t’as pris conscience que t’allais y passer comme tatie Lucette, ma caillette, tout tourne autour de ça, que tu le veuilles ou non. Et ça te pousse à élaborer des stratégies de ouf pour donner le change.

Tu te construis une personnalité, et une fois que t’as genre, 72 ans, tu dis à qui veut l’entendre que dans ta tête t’as toujours 10 ans, que c’est juste ton corps qui a changé -ce bâtard. En fait, toi tu ne changes en effet jamais. Seul le reste change. Tu veux une preuve ? Dans la phrase « ma personnalité n’a pas changé », il y a bien un objet (‘personnalité’) et quelqu’un qui le possède (moi), donc deux choses ? Verdict : tu n’es pas ta personnalité. Tu peux remplacer « personnalité » par à peu près n’importe quoi d’autre : à partir du moment où tu peux observer un truc, ça veut dire que ledit truc est différent de toi. Il peut faire « partie » de toi mais ne peut pas être toi.

Je te laisse méditer une seconde sur ce mindfuck existentiel.

Donc. Reprenons. Au quotidien, ça se traduit comment, la dualité ? Bah, par le langage. Tout ske tu dis est une tentative de pas crever, d’exister, au moins à travers l’autre, au moins pour quelques minutes. Le souci, c’est qu’à partir du moment où tu décris un truc, tu l’identifies comme étant extérieur à toi, donc étranger, autre, alien, beurk, chelou, différent, duel. Pourtant, je te l’ai déjà expliqué, tu viens de la même source que ton voisin.

Le premier voisin à qui tu essayes de causer depuis ton premier caca, c’est ton bidou. En fait, toute ta vie durant, tous tes mots seront liés aux états de ton corps périssable et de ta condition psychique tout aussi bonne à jeter, comme cet extrait d’un film de ouf de Maïwenn l’explique.

Le problème, c’est que t’as pas le temps. Faut avancer, créer, procréer, évoluer. Mais grâce à la surinformation, tu vois kia plein de gens qui font plein de trucs avec le peu de temps qu’ils ont. Parfois ça te motive à en faire autant, mais dans 95% des cas, tu finis juste par les mater faire plein de trucs. Pire, parfois tu te mets à faire toi aussi plein de trucs, juste pour que plein de gens te matent les faire. Ce fameux FOMO est en réalité uniquement ton ego ontologiquement frustré criant : « même en 100 ans, je n’aurai pas le temps de tout faire » (big up MichMich Fugain)

Je médite pour palier à l’anxiété et la dépression d’avoir à attendre pour cliquer « ignorer l’annonce » sur youtube

Tout ça te fait surement ressentir ce qu’on appelle des émotions. Il n’y en a que 4 principales, un peu comme les couleurs primaires, mais yen a à peu près 76 déclinaisons. Si tu veux t’amuser, tu peux voir ici comment elles sont liées à ce que tu vois.

En gros, pour résumer, ya 3 trucs qui composent ton existence :

  1. Ton corps
  2. Tes pensées
  3. Les trucs qui sont pas toi (le monde)

Tes émotions sont sensées être stimulées ou crées à partir du monde extérieur ou des signaux de ton corps immédiats, donc dans le présent. Exemples : tu reçois une amende pour excès de vitesse => ça te fout le seum. Logique. T’arrives pas à dormir => ça te fout le stress. Logique.

Le souci, c’est que ta réaction à certains événements ne vient pas que du présent, mais aussi de ton conditionnement. Mon chouchou Richard Brannon, qui ne bosse que sur le Syndrome de Stress Post-Traumatique l’explique très bien. Si par exemple quand t’étais petite, tu devais mettre ton réveil plus tôt paske tes parents te demandaient de réveiller tes autres frères et sœurs (un truc plutôt basique, non?), eh bah tu vas développer une peur de pas te réveiller à temps, de te faire gronder sévère, voire punir.

Ce que fait le PTSD, c’est que pour survivre à cette situation, il met en place une stratégie : celle de supprimer tes émotions en même temps que ta liberté/intimité/frontières/valeurs/besoins. Survient alors le cercle vicieux: suppression des émotions => dépression => baisse de l’affect => baisse de l’excitation et de la joie d’être vivant (puiske c’est uniquement relatif au contentement de tes vieux). Dans ton cas, ça sera surtout une peur de l’endormissement et une terreur à l’évocation du mot « sommeil » qui te suivront comme un stalker, et ce toute ta life.

Plus tard, tu vas donc construire ta soi-disant personnalité autour de cette dissociation :

  • État hypnotique, celui de ton enfance et de la narration que tu en fais d’après tes souvenirs
  • État réel, la vie de maintenant

Cette dissociation bloque ton néo-cortex (celui qui t’aide à rationaliser tes peurs et tes instincts), et tu te mets à voir le monde en noir & blanc, car la dualité entre tes émotions et le réel devient inimaginable.

Quand tu chilles tranquilou mais te souviens que tu souffres d’anxiété

Bref, t’es devenu complètement chtarbé sans t’en rendre compte, et seule une bonne grosse introspection peut t’aider à résoudre le puzzle. Car souvent, tu te sens piégé. Tes émotions sont tout mélangées, et tu finis par même pu savoir si t’es content ou pas. Comme t’es forcé par la mode actuelle d’être heureux tout le putain de temps, tu en deviens bipolaire.

Partie plus intéressante avec des éléments nouveaux

Mais revenons au langage. A part quand tu désignes un élément physique indiscutable (genre une mouette, une lampe, un pays), toutes tes autres déclarations sont chargées en émotions, c’est à dire qu’elles sont porteuses d’un message appréciatif. 80% s’expriment avec les mots, le reste avec le placement du corps, l’intonation de voix et les micro-expressions du visage. Et même si les expressions diffèrent selon les cultures, on peut dire que « les sociétés […] peuvent être vues comme d’immenses systèmes nerveux coopérants ».

Donc, quoi que tu fasses, tu exprimeras fatalement tes émotions dans ton discours. Et tu t’souviens d’où k’c’est qu’elles viennent tes putains d’émotions ? De l’extérieur, bravo ma poule, tu suis. L’information qui te façonne vient d’ailleurs: ce qu’on te dit, ce que tu vois, ce que tu lis. Du coup tu parles en mimant ces éléments là, car ton expérience interne (genre celle que tu fais par toi-même avec tes dix doigts et ton cerveau analytique, comme quand une surface est hyper chaude et que tu mets la main dessus, et que tu conclues comme un grand qu’il faut faire gaffe où on met ses mains) est super limitée depuis que t’es « adulte ». Comme le dit Hayakawa dans son bouquin Language in Thought and Action, « la carte n’est pas le territoire » : regarder la carte d’un pays ne signifie pas que tu en as une quelconque expérience, puiske t’es pas dans le pays en question, physiquement jveux dire. Capiche ?

Bref, tout ça t’amène à te construire ton ptit jugement bien superficiel sur les choses à l’aide de mots à la con qui au fond, ne représentent même pas ta pensée propre, puisque tu n’as pas de pensée propre, puisque tu n’es qu’une projection d’énergie conditionnée par ton environnement. Tu suis toujours?

Et ça + tes schémas conditionnés = un gros bordel communicationnel. J’explique.

Quand tu parles à quelqu’un et vice-versa, tu rentres automatiquement dans ce qu’on appelle « une transaction ». Jparle pas de fric, mais c’est tout comme. En gros, t’as le choix entre 3 rôles quand une conversation s’engage :

  • Le parent : Il peut être méchant, genre gronder et tout, ou maternant, genre encourageant, conseillant voire aidant, au choix. Mais il est là pour dominer la situation. Petite phrase d’Eric Baret en ninja: « avoir la prétention de vouloir aider autrui est une forme de fascisme », tsé.
  • L’adulte : C’est le cas le plus rare, celui qui va réussir à rester neutre, à ne pas s’engager personnellement et retourner le problème à l’envoyeur, de manière raisonnée.
  • L’enfant : Il fait, bah, ske font les gosses : il râle, demande, culpabilise, capte un belin (dans mon bled, ça veut sire « ne rien comprendre », eh oui, les subtilités du langage sont infinies). Eric Baret encore: « Demander, c’est créer le conflit ».

Pourquoi tu crois que tu te prends la tête avec de parfaits étrangers presque tous les jours pour des broutilles, genre pour un accrochage de caisse ou un regard mal placé ? C’est que vous voulez tous des bisous de papa-maman.

Seulement, au lieu de le demander clairement de façon assertive, tu vas employer sans le vouloir des subterfuges pour arriver à tes fins. Tout ça est très bien expliqué par le système de l’Analyse Transactionnelle dont je viens de te résumer les rouages. Et comme tu viens de le voir dans le TEST17, parfois tu joues l’adulte, mais souvent tu joues soit le gamin, soit le parent. A l’instar du triangle de Karpman bourreau/victime/sauveur, l’analyse transactionnelle te fait bien comprendre que tout n’est que bizness à partir du moment où tu communiques. C’est ptète bien ça, l’age adulte: capter que rien n’est gratuit, même la bienveillance?

T’as remarqué que les groupes nominaux « l’amour » et « la mort » ont quasiment le même son en français? Tu l’as remarqué, l’amour d’un gosse ou d’un animal est sans équivalent avec celui d’un adulte. Et comme de par hasard, qui c’est kia pas d’égo? Les gosses et les animaux, bien vu Lulu. Leur ego étant « mort », seuls eux sont capable d’aimer?
#théorieconspirationniste #yapasdecoincidences #c’estlouchetoutça

Et là je te pose la question à un milliard de dollars : si le fait d’être tous devenus des « adultes » a mis le monde dans lequel tu vis dans cet état:

Tu ferais pas mieux de rester un enfant toute ta vie et de l’assumer ?

Paske sinon, tu pourrais bien finir comme le blaireau de cette video .

Fais bien ton choix, car il est… capital.

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