[ART 20] La vérité si j’mens!Prend 11 minutes de ta life à lire

Tout le monde ment, mais seul 5% de tes cons génèrent mensonges à la pelle, donc ça va. Ça va, Ouais ouais ça va, merci. Eh non, ça va pas, car mentir est le pire démon et tu le sais depuis le début de ce blog.

« Que votre mot Oui signifie simplement Oui, votre Non, Non ; car tout le reste vient du méchant. » (Matthieu 5:37) C’est la base, non ? Bah pas trop, en vrai (lol). Ya plein de types de bobards:

  1. le fanfaron qui va expliquer à son meilleur pote qu’il a niqué 8 meufs la semaine dernière en ajoutant plein de détails, alors qu’en vrai il s’est juste paluché sur du PornHub et a chatté avec une pauvre ado l’ayant dégagé viteuf à la vue de sa première dickpic : c’est le menteur « joyeux » qui veut amuser la galerie. Ya pas mort d’homme, juste de dignité de la part de celui qui sait qu’il a tout inventé.
  2. l’escroc qui se tape un autre mec dans ton dos mais va te répéter qu’y a rien, pasqu’il aime bien squatter ton appart gratos et veut pas se retrouver à la rue : c’est le menteur « pernicieux », qui manipule pour obtenir quelque chose
  3. l’ex qui t’écrit que t’es un personne merveilleuse et que c’est elle qui a un problème, alors qu’en fait elle en a juste rien à foutre de ta tronche et est déjà passée à autre chose depuis longtemps avant votre rupture: c’est la menteuse « officieuse » qui essaye de protéger tant bien que mal ton ptit ego tout froissé par la rupture fraîche

Les deux premiers, c’est des cas extrêmes : l’un est juste mytho complet, l’autre est un sociopathe. Le troisième, c’est l’étude de cas la plus marrante, donc on va s’attarder sur cette grosse pute. Pourquoi l’usage d’un terme aussi grossier ? Pasque. C’est une pute. La définition d’une pute : quelqu’un qui économiquement parlant, porte les attitudes d’une personne aimante pour subvenir à ses besoins. Si une vraie pute le fait pour nourrir son addiction au luxe/au sexe/ nourrir ses gosses, la pute menteuse est psychologiquement dans le péché le plus total.

Son seul impératif est celui de garder un semblant d’estime pour elle-même, en adoptant le biais cognitif du « faisons les choses à moitié » : moitié grosse connasse qui te largue en prenant soin de te tromper avant, et moitié meuf bien qui te passe la pommade. Le but affiché à ses copines au bar, c’est de « ne pas te faire de mal ». Arrête-toi sur ce mot qui veut tout dire : le mal. Eh oui, mentir par « respect », c’est possible. Sauf que ce mensonge-ci est de la pure démagogie, du politiquement correct, du blabla hypocrite.

En quoi ce « bien » est-il un « mal » ? Spoiler alert, ça a à voir avec la communication et le langage. Tu te souviens de Ruiz et ses accords toltèques ? « que ta parole soit impeccable », ça te parle ? Kant l’exprime en d’autres mots bien plus tranchants. Il parle du mensonge comme d’un « crime social qui rompt la promesse implicite du langage », c’est-à-dire son adéquation d’avec le réel.

Car oui, le langage est un art, et il doit remplir son utilité communicative : construire des relations, informer, amuser, persuader, coordonner ta pensée, etc. Mais quand tu t’en sers pour manipuler, cacher ou soutirer, tu sens les cornes qui te poussent ? Pas celles du cocu hein, celles du malin (« mal », « malin », tu piges ? J’invente rien wesh)

Évidemment, tous les mensonges ne se valent pas. Comme dit un autre religieux, Saint Augustin, le mensonge sans aucune conséquence négative n’est pas un péché. Alors attention ici, pasque tu serais tenté.e de croire (« croire », « religion », t’as pigé ? Ok je sors) que si de ton côté yen a pas (de conséquence), alors ça va. Erreur, mécréant ! Et celui qui reçoit ton boniment, et l’interprète comme réel ? Avec quelles cartes il joue ton jeu ? Des fausses cartes, bravo Michel. Les répercussions ne seront peut-être pas immédiatement négatives certes, mais si tu espères rester en relation avec ladite personne, sache que wahla tu viens de créer un univers quantique dans lequel tu la propulses: une planète nawak à des années lumières du monde tangible dans lequel toi et ta connerie chillez tranquilou en mangeant des churros au Nutella.

Heureusement qu’on t’a refourgué la faculté de mentir, car elle fait partie de ton libre arbitre. Mais quand tu l’utilises, tu en prives l’autre par la même occasion. Le mec que tu largouilles mollement avec un subtil mélange de « c’est pas toi c’est moi » et de ghosting peut encore se faire des films pendant longtemps, tandis que tu mélanges joyeusement tes phéromones ailleurs sans le lui avouer.

Alors en effet, en ne lui expliquant pas d’emblée que tu suces des bites te sociabilises, tu ne mens pas. Tu ne fais que ne pas dire un truc qui pourrait le pousser à te haïr  refaire sa vie t’oublier souffrir. Et là on tombe dans le vif du sujet : le mensonge par omission, le fameux non-dit.

Je te laisse comparer ces deux cas :

  1. tu es un agriculteur qui ne déclare pas aux flics avoir caché des migrants pour qu’ils puissent passer la frontière et les empêcher d’être renvoyés dans un pays en guerre
  2. tu es un agriculteur qui trompe sa meuf sans le lui dire pour pouvoir éviter une rupture nette tant que t’auras pas trouvé mieux que son gros cul

As-tu spotté les 7 différences entre les deux ? Je t’aide.

  1. le 1 libère les gens, le 2 les prend en otage
  2. le 1 fait une action noble, le 2 une action égoïste
  3. le 1 n’en a rien à foutre de ce qu’on va penser de lui s’il est spotted, le 2 base sa valeur sur le qu’en-dira-t-on
  4. le 1 veut protéger la vie de parfaits inconnus, le 2 celle de son ptit ego
  5. le 1 prend des risques physiques (emprisonnement, amendes), le 2 risque que dalle à part être seul comme un con
  6. le 1 est en adéquation avec ses idéaux, le 2 fait ce qu’il ne supporterait pas qu’on lui fasse
  7. le 1 se confronte à la réalité et acte dessus, le 2 vit dans un fantasme

En bref, le 2 se prend pour Dieu : il veut rester un mâle alpha dans sa croyance (faux positif totalement illusoire) qu’il reste quelqu’un de bien (puisqu’il ne la largue pas cash) en reniant l’intégrité de l’autre et lui attribuant une valeur moindre. Et ceci s’appelle du : paternalisme. Et le lien qui se brise en faisant ça est celui de : la confiance.

Au final, toute dissimulation est une rupture de communication, qu’elle se produise en silence ou sous forme de contrevérité. Et si t’as des gosses, ça se complique sévère. Pasque quand tu leur mens, bah saches qu’à partir de 3-5 mois, ils savent interpréter intuitivement tes micro-expressions et intégrer la dissonance entre tes « mots », ton langage corporel et l’intonation de ta voix. S’ils te voient mentir, ils vont acquérir le processus, et devenir menteurs très vite. Bonjour les caprices en tous genres à partir de là, couillonne.

Le pire que tu puisses faire est également de nier la mémoire que ton mioche a d’un événement, quand tu sais celui-ci vrai. Genre tu lui as foutu une raclée un jour, et 17 ans plus tard il t’en reparle. Si tu lui rétorques « mais non, tu fabules, t’as inventé tout ça », la boucle est bouclée dans ce cas, et c’est double trauma pour toute la mifa:

  1.  trauma pour ton gosse d’avoir été réprimandé pour avoir fait une connerie innocente, effet kiss-cool de se croire fou quand son parent nie
  2. trauma pour toi d’avoir utilisé la violence, effet kiss-cool de garder ta culpabilité pour toi pour ne pas à ton tour être réprimandé

Point commun? Génération de la peur, azy ma poule. Ta couardise se transmet, et ton chiard sera obligé d’user de ruse pour te tirer les vers du nez. Car oui, le mensonge appelle le mensonge tsé. Bonjours les silences gênants et les évitements en tous genre pour des décennies aux repas de famille.

Pasqu’un.e menteur.se, ce qui lui fait peur, c’est les conséquences de ses actes/dires, rien de plus. Évidemment, le petit bobard social du « ouais ouais ça va » alors que ça va pas du tout, t’évite de te faire psychanalyser par ton collègue de boulot relou à la machine à café. C’est ta sphère privée, pas touche. Mais où commence ta sphère privée, alors? Elle commence par toi-même, of course. On en reparlera mieux dans le [CLE20].

Cependant, calme ta haine deux minutes: ya aussi les mensonges qui n’en sont pas. Par exemple, un doc qui va t’expliquer que ya que tel ou tel cacheton pouvant t’aider à résoudre ton problème, n’a tout simplement pas la connaissance nécessaire à explorer d’autres solutions. Il ne te ment donc pas sciemment. Autre exemple, ton père qui t’a défoncé la gueule après une cuite au pastaga a tout simplement pu faire un blackout et réellement oublier qu’il t’a fait du mal, ce qui le poussera à nier lorsque tu viendras lui en reparler. Dans le même genre, ton tonton bigot qui te répète qu’il est certain de détenir la Vérité de la bouche même de Djeezus, est tout simplement tellement persuadé de sa croyance sans savoir si il a « raison » ou pas, qu’il ne ment techniquement pas.

En gros, un vrai mensonge n’en est un que si la personne qui l’énonce est consciente qu’elle ne dit pas la vérité!

Il existe également des mensonges dits « moralement nécessaires », concernant exclusivement les enfants. Si ton gamin vient te demander les trucs sexuels que tu fais avec papa/maman, c’est une exigence de vérité qui floute les limites éthiques et pourrait s’apparenter à de l’inceste si tu y répondais. Donc mollo sur la transparence totale dans ce cadre-là, meuf, si tu veux pas que la protection de l’enfance vienne toquer à ta porte.

En conclusion, les plus gros mensonges, c’est ceux qu’on te fait bouffer tous les jours, baby.

  • celui sur ta carte d’identité:

Liste non-exhaustive mais tu vois le truc.

Heureusement, ton ami internet (et ton instinct aussi, si tu l’écoutes) révèle tout plein de non-dits et les met en lumière, ce qui est cool. Comme le faux fait que tu dois avoir un cul parfait (merci Kendrick) et pas de gras au bide ni eczéma.

Toutes ces conneries -celles de tes parents, de ta télé, profs, pubs (« publicité mensongère » hein), potes, exs, te pousseront donc à faire le pire du pire si tu te réveilles pas: te mentir à toi-même: c’est ce qu’on appelle « se faire une raison ». Par exemple, te dire que si cette meuf t’a arraché le cœur, c’est que c’était quelqu’un de trop formidable pour toi (pas juste que c’était une connasse), ou que si t’as pas eu ce taf, c’est juste que le marché de l’emploi est trop tendu en ce moment (pas juste que t’étais moins bon que d’autres candidats).

Internaliser le mensonge, c’est avaler une couleuvre, et ensuite faire genre qu’elle te remplit pas le bide. Azy jte regarde faire, tu verras, c’est pas super agréable. Et pour faire passer la pilule, tu en gobes, des pilules. Et tu mets tout sous le tapis, pourquoi? Pour te protéger toi, ou les autres? Je t’invite à vérifier quel bobardeur.se tu es ici, et passer en revue les solutions pour pas te faire prendre pour un.e con.ne, ni le faire aux autres, ici.

En attendant le CLE20, be true, my friend. Bon wikend.

 

 

 

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