[ART 5] 7 milliards de narcissiques8 min read

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Tu connais l’expression « chacun voit midi à sa porte » ? Ce n’est pas qu’une expression. Techniquement toi-même tu sais, c’est vrai : où que tu soies dans le monde ma poule, si t’ouvres ta porte, t’auras le soleil jeté pile dans ta face. Dans ton cerveau, c’est pareil : tout évolue autour de toi, t’es ton propre centre de gravité. Non petit, ta vérité n’est pas, et ne sera jamais celle de ton voisin, même si tu le sodomisais avec de manière répétée. Bonne nouvelle ! Tu fais donc apparemment partie d’une planète sur laquelle sévissent environ 7 milliards de narcissiques primaires, qui n’en ont à foutre que de leur propre petite survie, gueule, comptes bancaires et besoins.

On va prendre un exemple concret : ta boss se met à te gueuler dessus un peu sans raison, en tout cas, de manière disproportionnée, selon toi. C’est relou, hein ? T’as envie de la buter, hein ? C’est là que tu appuies sur le bouton « pause » et que tu réfléchis deux secondes (sept, en réalité.)

Durant ces quelques secondes, tu vas devoir faire un choix de pensée crucial pour ton bien être:

  1. sale pute qu’abuse de son pouvoir sur toi qui pourtant n’as rien à te reprocher bordel
  2. pauv’ vieille aigrie qui doit être vraiment mal baisée pour être aussi vénère

boss connasse

Donc pour ce cas-là, voilà ske jte propose : souviens-toi donc de ske disait mémé Marcelle, cette prophète. « Mon ptit, tu ferais mieux de tourner ta langue dans ta bouche 7 fois avant de parler. » Il aura donc fallu 3 générations pour le prouver, mais elle avait putain de raison. Oublie tes séances de TCC, tes cours de boxe pour « relâcher la pression ». Quand quelque chose t’arrive, écoute ton bide, tes pulsations cardiaques. Note tes sensations. Accepte-les quelles qu’elles soient. Met en marche ton esprit, et essaie de capter pourquoi tu réagis comme ça. Sans même le savoir, tu seras déjà calmé.

Du coup, si t’arrives à choisir l’option 2, du débloques la fonction « prise de recul » de ton perso. En gros, tu sors de ton ego pour balader ton esprit sur autrui (ici, une truie, pour être précis). Avec ce truc, en principe, tu ne regretteras aucune de tes décisions, car elles n’auront pas été prises avec ton seul cerveau reptilien (le primate qui se sent agressé) mais aussi avec l’aide du nouveau, le cortex. C’est-à-dire, tu y auras « mûrement » réfléchi. Donc si à ta boss-connasse, tu finis par cracher à la gueule, au moins, ça sera fait consciemment.

Tu comprends désormais, avec l’option 2, que t’es qu’un médium à énergie. D’où l’expression « passer ses nerfs sur quelqu’un ». Limite on devrait dire « passer ses nerfs à », ça reflèterait mieux la réalité. On passe ses nerfs à quelqu’un comme on lui passerait le sel. Métaphore un peu pourrie j’en conviens, surtout pour un hyper tendu sous Kardégic.

A partir du moment où tu refuses la mission (le sel, la colère), même rien que mentalement, que ce soit suivi d’un acte ou non, c’est bon, t’es frais. Mais pour ça, il faut appuyer sur pause et ne pas laisser ton cerveau reptilien prendre la décision à ta place. Ton subconscient étant plus rapide que ta conscience, il te faut donc du temps pour reprendre le contrôle. D’ailleurs petit, on a, depuis une petite dizaine d’années déjà, démontré la possible non-existence du copain libre arbitre. Quand tu prends une décision qui nécessite un geste, savais-tu que ton corps initie ledit mouvement environ 7 secondes avant que ton cerveau s’allume, prenant ainsi le contrôle de ton instinct grégaire ? Il peut alors t’envoyer un contrordre efficace, du genre « oui j’ai envie de décapiter ma boss. Attends un peu… ah, bin en fait, non, j’ai pas envie d’aller en taule. » Bref, un truc raisonnable, quoi.

cerveau-reptilien-limbique-cortex

Conclusion : l’enculé dans l’histoire, c’est encore et toujours lui : ton ego. Ton logiciel / radar / répondeur automatique, ce bâtard formaté, codifié, traumatisé, HTLMé et désormais pixélisé, que tu confonds trop souvent avec ton instinct et tes émotions. Qui eux, sont tes meilleurs alliés. Pourquoi ? pasqu’ils viennent du corps. Ecoute tes émotions, mais ne sois pas leur esclave, voici la conclusion pour toi, employé battu.

Petit bonus pour la boss-connasse qui elle, n’a pas encore lu cet article et n’en voit d’ailleurs pas l’intérêt:

Tu ne veux pas, ou plus, être une sale connasse d’enfant de catin qui ne voit que le bout de son clitoris ? Ah, tu me rassures. « Facile » : tu te mets à la place des autres. Mentalement, connasse, pas la peine de les faire tomber de leur chaise pour t’y asseoir ! Mon dieu qu’elles sont idiotes. Dit autrement : essaie de trouver ce qu’il ressent quand tu gueules, ton employé. Le docteur Kawashima de Brain Training de ma Nintendo DS me l’a conseillé : quand tu prends le bus, mate la gueule des quidams, et imagine leur vie, leurs sentiments, ce qu’ils traversent. C’est très bon pour le cerveau ce ptit jeu de devinettes, et en plus, ça développe une condition essentielle de la vie en communauté : l’empathie.

Autre chose, ma grosse : sache que quand tu passes tes nerfs à ton employé, en réalité, c’est la haine de toi-même que tu refourgues sans vergogne à autrui. En fait, ton employé, tu l’aimes bien. Ça s’appelle l’attribution causale. Les autres étant nos miroirs, si de ton côté tu fais de la merde (genre tu viens de voler de la thune à ton associé, par exemple), il va falloir que tu fasses ressortir ta culpabilité interne vers l’extérieur, d’une manière ou d’une autre. Les « gens bien », eux, gèrent tout ça en interne, justement. Ils vont voir un prêtre, notent ça dans un journal intime, ou tout simplement, ne volent pas, de base. Les narcissiques, eux, ne peuvent pas accepter leur culpabilité. La seule manière de s’en débarrasser, c’est de la projeter sur le premier pigeon qui passe par là.

Mais je vais aller plus loin, petite : tout cela, en fait, n’est pas franchement de ta faute. Tu es juste bloquée dans un système qui remonte à ton enfance. Tes parents t’ont surement pas mal craché à la gueule eux-mêmes. Comme tes parents sont tes uniques modèles au début de ta vie, tu t’es forcée à t’identifier à eux. A accepter cette méchanceté comme vraie, et en bonus, à t’approprier leur rôle de méchants, pour devenir plus forte. Bim, cercle vicieux du trauma, ma poule : en grandissant, tu as développé une défense dissociative. En gros, ça t’a rendue schizophrène. Une partie de toi reste le petit enfant pur et innocent qu’on a blessé, l’autre est devenue le bourreau.

Voilà pourquoi en tant que narcissique, tu ne t’excuseras pas à ton employé même si tu te rends compte que tu as abusé grave : dire la vérité  -s’excuser- serait ouvrir la porte à ta culpabilité. Et comme tes vieux ne se sont jamais fait pardonner pour l’éducation pourrie qu’ils t’ont refourguée, pourquoi tu te ferais chier à t’excuser toi, à ton tour, et à un simple employé de surcroît ? T’es une femme forte, tu vas pas baisser ton froc, non plus, hein ? Et voilà comment tu voles ton associé « au cas où lui aussi ça soit un bâtard », histoire d’avoir un coup d’avance, puis pars gueuler sur Maurice, le pauvre mec en CDD que tu viens d’embaucher. C’est qu’il faudrait pas te prendre pour une conne, non plus.

Je vais pas le répéter cinquante mille fois. Si, je vais le répéter cinquante mille fois : tu es traumatisé si tu le veux. En tout cas, si ton cerveau le veut.

Laisse-moi te raconter l’histoire de ce petit vieux qui sortait de cure thermale. Il pétait la forme, alors que 3 mois avant, il s’était fait faucher par une jeep militaire. Roulé dessus, jambe broyée, la totale. Je lui ai demandé pourquoi il pétait la forme comme ça, me racontait son histoire tout sourire comme si ça n’était pas à lui que c’était arrivé. Il m’a fièrement répondu qu’il n’avait rien vu venir. Il s’était réveillé, étonné, à l’hosto, une armada de médecins lui expliquant le délire, et qu’on allait l’amputer. Il y a eu un petit délai avant l’opération, et miracle, la jambe du petit vieux s’est mise à se reformer correctement. On en reparlera plus tard, mais sache que ta mémoire n’est pas que dans ton cerveau. Elle est aussi dans ton corps. Dans le cas du petit vieux, son cerveau n’a pas pu enregistrer le traumatisme du choc, donc c’est son corps qui a tout géré, et il le fait très très bien, crois-moi. Le petit vieux ne s’est pas senti « victimisé » par son accident, son ego n’a pas fait barrage à sa guérison. Magie pure ? Nan, science simple.

Juste pour te dire, ma petite boss-connasse, mon ptit employé qui se fait gueuler dessus, que vous n’êtes responsables de rien dans ce schéma. Par contre, une fois que la jeep s’avance vers vous, c’est à vous de tourner votre cerveau en mode « off », sinon, c’est la catastrophe. Ça s’appelle le lâcher-prise. Vivre ce qui se présente, bon ou mauvais, sans juger. C’est chaud, je sais. Mais faisable, car tu es un super-héro qui s’ignore. On l’est tous.

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