[ART 8] 7 milliards de gros schizos12 min read

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On va pas s’étendre sur le cas clinique de la schizophrénie et des troubles de la personnalité multiple ici. Ni ceux de la possession démoniaque ou des gens qui ont deux têtes pour un seul corps. On va juste essayer de comprendre pourquoi on a tous plusieurs personnalités, et qu’au fond, c’est pas grave.


Malheureusement, dans nos sociétés dites civilisées, le schizo est pas super bien vu. Le schizo, c’est le mec ultra chelou qui récite dans sa barbe des versés de la Bible en te reluquant le boule. « Schizo », c’est ce que tu cries à ton ex quand elle te plaque pour ton meilleur pote. Le schizo, c’est le barge absolu, l’altérité suprême qui porte en son sein deux, voire plus personnes, sauf qu’il est même pas enceinte. Pas très net comparé à toi, l’oie blanche, qui penses être « une vraie personne », ou pire « quelqu’un d’entier ».
Une petite liste pour te calmer de suite.
L’ombre et la lumière. Le on et le off. Le blanc et le noir. La droite et la gauche. Le conscient et l’inconscient. Le ying et le yang. Le maître et l’esclave. La mort et la vie. La femme et l’homme. Le tangible et l’intangible. Le rêve et la réalité. Le flux et le reflux de la mer.Le coca et le pepsi. Tu avances et tu recules.
Ayé ? t’as la tête qui tourne un peu ? Eh oui, je l’ai déjà dit. Tout est binarité, tout est duel, tout est dichotomie. Une meuf peut très bien sortir d’un 5 à 7 torride avec son amant à qui elle dit détester sa vie, et revenir chez elle la bouche en cœur faire des cookies pour la kermesse de dimanche. La meuf est-elle schizo ? Oui. Et toi aussi. Et c’est toujours pas grave.
Jusqu’à tes dix ans, tu pensais dur comme fer que papa Noël venait déposer tes cadeaux par la cheminée le même soir que tous les autres enfants du monde, se ramenant sur son traîneau volant en bois massif tiré par des reines eux aussi volants. Et puis ton amygdale s’est formée, et un jour tu t’es réveillé en te disant « mais c’est quoi ce bordel ? ». T’es-tu alors retourné vers le Toi de l’an d’avant en lui disant que c’était un gros schizo débile qui ne voyait pas la réalité ? Non.
Alors pourquoi, arrivé à l’age « adulte », tu dois soudainement te rendre des comptes à toi-même, avoir une personnalité stable, être quelqu’un sur qui on peut compter, et toutes ces conneries ?
Ça, c’est le genre de délire mental qui rend des gens sains au départ, schizos pour de vrai, à force.
Voilà comment tu te retrouves à blâmer ton ex pour la misère dans laquelle tu te retrouves aujourd’hui. Voilà pourquoi tu fais un taf que tu détestes et que tu te blindes au Prozac pour pas y penser. Voilà pourquoi tu crois en un Dieu quelconque à qui t’as jamais eu l’occasion de serrer la pince. Et toutes les conneries du genre.
Et pourquoi on est schizos, d’abord ? Ma réponse va peut être t’étonner : on est schizos pasqu’on nous a appris qu’on était tous différents, que TOUT était différent de quelque chose d’autre. L’altérité, ma couille. C’est l’altérité qui a mis le ver dans le fruit.
Tu as déjà eu ton ptit cours part’ sur le manichéisme et tu saisis désormais la connerie de ce mode de pensée. On va aller plus loin ici : la différence, c’est de la merde. Tout fait partie du même Tout, tout est imbriqué, et on ne met des limites que pour différencier les choses. Tu veux un exemple tout à fait concret ? OK.
Va dans le lycée le plus proche de chez toi.
Débrouille-toi pour accéder à la salle de physique et au super microscope qu’elle contient.
Met ton bras sous le-dit microscope.
Zoome.
Zoome encore.
Zomme encore comme un gros bâtard, azy, fais toi plaisir, pousse la molette à fond.
Au bout d’un moment, tu ne pourras plus voir la limite tangible entre ta peau et l’air.
Un objet n’est qu’un objet pasqu’on le veut bien ; sa densité le distingue temporairement de l’air, mais sois-en bien sûr : à la fin, quand ton corps se décomposera dans la nature, il sera indiscernable de l’air environnant. D’ailleurs, savais-tu que 15% de l’air que tu respires en attendant le métro est composé de particules de corps de tes voisins ? Miam.
Il n’y a aucune différence entre toi et moi. Ni entre ton chien et ton appareil photo. Ni entre toutes les jolies choses citées au début de cet article. Oui, la mort et la vie, par exemple (celui-là, d’exemple…) ne sont que deux facettes d’une même chose : l’existence.
Quand tu commences à réfléchir comme ça, tu captes que tu ne peux pas pardonner autrui sans te pardonner à toi-même, et vice-versa. Le souci, c’est qu’on ne peut pas guérir une blessure dont on ne connait pas l’existence. Tu crois que celui qui t’a fait du mal est quelqu’un d’autre que toi, alors tu le détestes. Et bien souvent, cette forme de xénophobie, tu te l’appliques à toi-même comme un gros débilos. Comment ça poulet, tu te détestes pas ? T’es sûr ? Et toutes ces fois où tu fais un truc et deux secondes après tu marmonnes « mais quel connard ! » Quand tu fais ça, tu t’auto-xénophobises la gueule, ouais.
D’autre part, une fois que t’as assez zoomé sur ta peau pour voir qu’elle n’est pas si différente de l’air, que les limites entre les choses sont illusoires, tu peux voir la notion de crise autrement. La crise, ah la fameuse crise. En fait, toute crise (de foie, de nerfs, de couple, financière) n’est qu’une conversion, la marque d’une transition, une conjonction de coordination entre deux étapes (big up aux fans de grammaire dans la salle). Du coup, même l’échec ne doit pas être vu comme un truc tout badant synonyme de mort et de souffrance, mais comme ce que c’est vraiment : une progression. Rihanna l’a même fait tatouer sur son cou, alors si ça c’est pas THE référence : « never a failure, always a lesson ». Ça claque sa race. Je pense que quand t’as eu un attardé comme Chris Brown dans ta vie, tu ne peux que te faire une raison et en venir à un éveil spirituel sans précédent comme cette meuf perdue pour la science demoiselle.
Mais il est vrai qu’au bout d’un moment de vie, tu peux être tenté d’en avoir ras le cul de te prendre des taules et d’avoir l’impression de te vautrer pitoyablement dans tout ce que tu entreprends, répétant « les vieux schémas » qui te conduisent systématiquement à ta perte.
Du coup, tu commences à élaborer des stratégies de survie dès qu’une « crise » se pointe. Rappel des trois grandes réactions basiques :
Flight : tu te barres en courant. Dans ta vie de tous les jours, cela se traduit par une agitation incessante (physique, intellectuelle, amoureuse, professionnelle, voire les 4 en même temps). Ton maître mot est donc l’Anxiété. Cause réelle: t’as peur de tout
Freeze : Tu ne bouges plus, tu fais la morte. Tu recherches les situations surprotégées et tu dors énormément. Ton maître mot : la Dépression. Cause réelle : tu subis ta vie et du coup, elle te la met bien profond.
Fight : T’as la gnaque, tu te bats, tu lâches rien. Tu kiffes la compétition et les défis en tous genre. Agressivité est ton mot clé. Cause réelle : t’as le méga seum de quelque chose qui te ronge.
Ces trois réactions te poussent à chercher des faux refuges immédiats : le sport, les livres, le cul, le jeu, la fume, etc. tout ça, c’est des paravents qui te font croire momentanément que t’es quelqu’un d’autre, un masque social que tu te colles sur la face, alors qu t’es devant ton miroir. C’est pas un poil con, ton délire ? Tu crois que ton mental va se barrer comme ça comme un grand et te laisser libre d’être qui tu es vraiment ?

schizo
Ça farte, man? En fait moi, c’est toi. Et vice-versa. On est bien, là, à faire nawak toi et moi, hein? Allez, file-moi du feu, steupl.

Pour que tes démons te foutent la paix, tu dois d’abord reconnaître qu’ils sont là, dans ta tête. Si le gars de Fight Club avait de suite capté qu’il avait l’esprit de Brad Pitt dans le cabochon, au lieu de partir en couille, il lui aurait demandé direct des conseils de séduction pour devenir un vrai mâle alpha, et ce autour d’un bon jeu de Uno, au lieu d’aller foutre le dawa en ville.
Petit point vocabulaire, si tu veux bien (bah, t’as pas trop le choix en fait) : l’anosognosie. L’anosognosie, c’est quand t’es malade, mais que t’en as pas du tout conscience. Appelle ça plus simplement, le déni quoi. Tous, à notre échelle, on se cache quelque chose, et ça nous bouffe de l’intérieur.
Du coup, à ces trois réaction primaires s’ajoutent les trois niveaux de réalisations de tes tabous :
soit tu chopes un ulcère, car ça tape dans l’estomac. Soit tu as tout le temps des spasmes, car ça tape dans le colon. Soit tu tournes en boucle sur une obsession, car c’est ton esprit qui somatise le bug.
Conclusion : être dépressif, vènère ou hyperactif, c’est la même chose. Pourquoi ? Pasqu’on est tous la même personne, mais sous des formes différentes. Demande à absolument n’importe qui ce qu’il veut dans sa vie. Tu récupéreras peu ou prou la même idée : la paix, le bonheur.
Tant que t’as pas serré la pince à ton Tyler Durden, tu pourras gesticuler autant que tu voudras et te trouver toutes les raisons du monde, tu seras jamais en paix avec toi-même et par conséquent, ne trouveras pas le « bonheur ».
Arrête de chercher des solutions, dans ce blog par exemple (nan je rigole, continue à me lire, sinon tu vas être tout triste). Déconnecte. Le self-help, c’est la nouvelle drogue. Tu penses qu’en essayant de trouver une réponse rationnelle à tes démons, ils vont se barrer, tu vas devenir une oie blanche. Si ça marchait, depuis le temps que c’est à la mode, on serait tous des moines bouddhistes. Or, pour vraiment réparer ton néo-cortex, celui qui te rend heureux, la seule vraie chose que tu peux faire est de t’accepter totalement, de couper ta relation avec les saloperies qui te font croire que ton Tyler Durden est une personne extérieure à toi.
Par saloperies, je n’entends pas que la dope, les nichons ou la Zumba que tu sur-consommes. En fait tu le fais pour oublier les VRAIES saloperies :
– Que t’en as tellement marre de tes 2 gosses et ta baraque familiale en plein cambrousse que t’as envie de faire comme Houellebecq dans son film
– que ton mariage avec un banquier n’est qu’une mascarade pour tenter d’oublier que tu es polygame,
– que tu as toujours été amoureuse de ton grand frère comme Anaïs Nin,
– que t’as toujours voulu être un artiste et que reprendre la boîte d’immobilier de papa, c’est comme vivre dans un cercueil
Plein de charlatans te répéteront que pour être heureuse, tu dois t’accomplir, trouver ta voie, ou pire, accepter ta condition et fermer ta gueule en t’estimant contente d’être en vie.
Et si tout simplement, tu as cru que c’était bon, que t’avais trouvé qui tu étais, mais qu’en fait, bah non ? Et ce, jusqu’au dernier jour de ta vie ? Est-ce que ça serait si grave que ça ?
Le truc, c’est qu’il faut accepter de laisser parler ces changements naturellement, laisser faire nos ptits Tyler Durden leur vie tranquilou, sans penser qu’avoir deux têtes, deux envies, deux côtés de personnalité, c’est Mal.
Tout est affaire de densité. Si tu as eu un coup de foudre pour cette meuf dans ton cours de pilates, mais que t’es déjà maquée avec une autre, soit ton attirance pour cette meuf est trop forte, trop dense, et tu fais péter ton couple, soit ça passe tout seul, sans douleur, et t’y repenses quasiment jamais car c’était… wait for it… pas assez dense.
T’as tout compris. On est tous traversés par des tas de matières, d’idées, d’envies, de pulsions en tout genre. Regarde le reportage sur les meufs qui ont deux têtes pour un seul corps, et reviens oser me dire en face que quand tu as des idées contradictoires, c’est que t’es schizo.
Et je te dirai que t’es pas schizo, juste aveugle, ou plutôt que tu te forces à l’être. L’altérité est partout si tu y crois, mais surtout à l’intérieur de toi. Fais en une force, au lieu de te cacher derrière ton joint, ton taf, ton jeu vidéo ou ta famille parfaite. Accepte d’être différent de « toi-même » (et puis c’est qui, celui-là, d’abord?), et de ne pas en avoir honte.
La prochaine fois, je te parlerai de l’acceptation radicale et de l’impermanence.

bien mal

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4 Replies to “[ART 8] 7 milliards de gros schizos12 min read

  1. Oh ben parle-nous encore… C’était trop court… C’était mieux aussi, tu n’as pas besoin, je pense, de rajouter la nawak touch, de temps en temps ça passe bien, mais t’en priver plus permet de beaucoup mieux suivre ton propos. Même si je continue de me poser une question, quid de ceux qui ont besoin d’une personne ? Etre schizo okay, accepter sa diversité intérieure, sûrement, savoir rire des pires merdes dans lesquelles nous a amené notre Tyler Durden done, ne pas choisir l’un ou l’autre sous prétexte de stabilité plus apparente ça pas sûr sûr okay, mais … Si t’es beaucoup schizo, si y’a trop plein de monde en toi, et d’envies, et d’états, comment tu tiens ça tout seul rien qu’avec toi ? Bon, bref, j’ai relevé les yeux. Acceptation radicale et impermanence, c’est ce que je vois. Et Tyler qui donc n’est pas qu’un con, lui, il a jamais eu envie d’apprendre les leçons, alors je dis aux chiottes l’arbitre, tu reviendras jamais. Du coup, paradoxe. Tyler dirait « Sale Colibri, ça me facilite le transit du système digestif, péripathéticienne, c’est mal rangé, caca… », l’autre, le saint moraliste : il dit non, non, c’est triste, mais portes ta peine, on va tous s’aimer de loin, c’est la vie, tadam tadam, il faudra toujours sourire … Oh et puis je dis que des conneries… Tu crois pas que y’a des personnes qui ont besoin juste de quelqu’un parce qu’elles le savent et qu’elles le sentent, organiquement je veux dire, et là je parle pas de sexe, mais parce que la meilleure des sagesses, mieux encore que tous ces articles indépendamment construits et contradictoires une fois mutuellement regroupés ou alors unilatéral (toi t’es pas con, grand fakir, alors t’es dans l’unitéral de ta dictature hippie), bref peut-être aussi qu’on peut se rendre compte que la meilleure des choses à avoir ce serait de s’accrocher pour aller chopper plus haut que les stratagèmes de survie qu’on doit négocier avec les contraintes. Je parle pas de mon amour pour les dresseurs de serpents à tendance pipeau, j’y pense c’est vrai mais je pose la question, est-ce que c’est vraiment vrai qu’on ne peut pas trouver quelqu’un qui viendra compléter le tableau. Tout est altérité, Et si on n’était que des Lego ou des Tetris géants qui feront ni brique ni ligne tant qu’ils n’auront pas trouvé la force adéquate ? Et si on avait tort de ne rêver qu’à moitié, de jouer le jeu de l’acceptation pour plaider la liberté ? Je suis loin de dire que tes articles, ils valent peanuts, du tout, niet, niet, y’a du travail et une recherche, et plus de soin que le connard lambda (et qui donc devra relire l’article, sauf si on considère que le connard là il se nomme ainsi pour te dire « eh j’ai trouvé que ce serait cool de dire que j’étais un carambar en sac parce que je me suis dit que jadis t’avais franchement dû le penser et que t’étais resté sur cet avis alors je m’auto-insulte pour toi pour toi pour te prouver que moi les turbans de l’indien c’est vraiment mon truc / Réflexe qui sera jugé con car ça déjà ça montre une mauvaise application des précédents subjects de l’auteure. Bref, tout ça, je ne suis pas responsable, tout le mic-mac c’est la faute à Pitt, Norton et les autres… Bon je reprends : tout ça pour dire est-ce qu’on cherche pas juste une solution de survie, un moyen de… et sur l’instant, plutôt que de révolutionner le truc, et de dire « okay non, c’est vrai on a besoin de ça parce que sinon on risque de s’emmerder, est-ce que tout ceci c’est pas le jogging qu’on se fait quand on n’a pas envie d’être sportif ? Et qu’au final, à force de relativiser en dialectes, divers, on se prend justement pas un peu trop la tête à se clamer de rester cool, est-ce qu’il n’y a pas de choses qui pourraient exister et qui sont tout simplement les plus importantes. Est-ce qu’on doit déconstruire un idéal qui nous semble la meilleure solution pour parvenir à juste moins souffrir. Je n’ai pas par exemple la paix, ça fakir t’as beau être colérique dans le genre (si si tu l’es), ma foi je crois que tu le sais, mais est-ce que la paix, c’est le tout ? Est-ce qu’on peut pas se fader les deux : la paix et le pied (là non plus pas en mode nichons-tétés, donc merci de ne pas y voir de référence au fist-fucking). Quand est-ce qu’on va se reconnaitre qu’on écrit tous ou réalise tous des choses super belles et intéressantes simplement pour pouvoir se clamer qu’on existe, en allant querir l’autre, quel que soit le concept de telle attention demandée (même si t’es froid et genre je suis le meilleur, impressionner c’est se taper cinq minutes de « dis tu m’aimes ? » alors qu’on n’est pas capable tout seul de se donner assez d’amour tout le temps. Tu veux que je te dise ? (Et puis, après, oui, je vais commencer à fermer un peu ma gueule, même si théoriquement l’article sous-entendrait que si je suis sincère au moment de mon expression je ne suis donc pas condamnable, en tout cas, du moins, pas par moi-même… Quant aux autres, on avait bien compris que, sans être méchant pour autant, « de l’intérêt vital de s’en foutre » était la maxime à adopter). Et je précise, c’est seulement un avis personnel que je défendrais, ou même pas de combat, que je voulais dire, exprimer : est-ce que si on est grave grave grave intelligent parce qu’on a saisi que ce qui nous manque par exemple c’est pas la vision d’ensemble et précise mais le temps nécessaire pour tout bien goupiller, et est-ce que si (là, on y peut rien…) on a un coeur à s’imaginer que « normalement, là, y’aura pas de problème, si on pousse fort sur la montagne en y croyant avec les avant-bras, cette grosse baraque rocheuse enfoncée dans la terre, elle devrait bouger », est-ce que si et est-ce que ça, on peut pas penser viable qu’on se gourre complet, que point barre, que même si Maurice c’est un gros putain de queutard avec une vulve et un marteau dans chaque main et qui parait fort et assure comme un toréador chaque fois qu’il lui en prend vraiment l’envie, est-ce que celui-ci ne pourrait pas ne rien être si, en rentrant, y’a pas Monique pour lui mettre un quignon de pain dans la soupe et accessoirement se recevoir une baguette qui ne proviendrait pas nécessairement de chez le boulanger ? Pas parce qu’il n’est rien, mais parce qu’en lui, certitude, et même simplement comme un battement que t’écouterait dans ton être, ce serait pas tout juste ça la meilleure acceptation de lui qu’il pourrait se donner : comprendre qu’il a beau vouloir le monde, le gorille, eh ben au final, il a besoin de quelqu’un. Phénomène de l’intelligence et de l’exigeance qui s’y rapporte machinalement : il lui en faudrait qu’une pauvrette de Monique et qui, elle, n’a rien fait pour lui supporter tout son poids. Parce qu’on sait que la valeur, c’est pas mille personnes qui créent une cagnotte de dix euros en versant chacun 1 centime (pas le temps de faire le ratio matheux exact désolé…), mais une qui te filerait mille en une fois. Qu’importe le temps précis pour retirer l’argent, tu l’as, tu sais qu’il est là. Simplement, on ne le sortira que lorsqu’on aura vraiment une merde financière à combler. Exemple : excès de putes le week-end mettons, procédure judiciaire pour coups et blessures en vue de dédommager le serveur navrant contre lequel par mégarde on a pu s’indigner, échec de tentative d’amiable avec son ex-épouse… Hi, hi, Tyler 🙂 … Trop mignon. Bref, Fakir le Fu fu, grand maître, t’as pas tort, et c’est même pas la question, mais n’y a-t-il mieux que des exemples communs à donner pour des pensées universelles et donc hélas, somme toute soumises à un plan, un cheminement précis (oui parce qu’on explique que… Mais après le pauv’ gars je te signale qu’il est toujours comme un con avec son manuel à tenter de se souhaiter bonne chance pendant deux jours avant de rallumer, incertain, son écran d’ordi sur lequel clignote des milliers d’encarts de films pornos… En fait, c’est juste l’histoire d’un mec qui vient de piger qu’il vient encore de perdre une des meilleures nanas de sa vie… Et qui pense que c’est une connerie de dire « y’aura mieux après… » Y’a toujours mieux après, mais quand déjà, comme dit plus haut, on n’a qu’une tête pour tous nos êtres. Alors, sérieux, une nana, une fois qu’on s’est sautés les trois quatre deux cent cinquante qui nous font office d’entrainement pour situer « où elle est la foufoune ou qu’il est le cucul, ah la c’est les seins ! youpi !… Oh putain, la bouche, ça parle, mais pas que… Enfin… Oui, oui, stop régime nichons on sait ! », est-ce qu’il n’est pas finalement beaucoup plus recommandable de s’en tenir à ce plan-là, à mon avis le seul qui vaille le coup : « ne suis-je pas si mal en définitive quand ses petits bras frêles ou en lui humant la nuque je sens une chaleur que tout seul je sais, après de longues expérimentations, n’avoir jamais été capable de me donner. » Voilà, la semaine prochaine, moi qui suis un type égocentrique mais qui s’assume, au moins pour pas pourrir la pédagogie du brillant article que vous venez de lire, je vous parlerai de tout ce qu’il faut faire pour vivre en gros sexuellement et sentimentalement tout ce que les autres n’espèreraient même pas en rêves afin de rester célibataire après avoir tout gaché et le tout en ayant bien l’air triste de sorte que tout le monde puisse croire comme il se doit que vous, true lover, vous n’êtes qu’un raté (mais un du genre qui, o joie o désespoir que je m’accepte conjointement, le tout avec l’adresse du gars qui se passe pour cela de la moindre conj’ 2 coor’, ce qui vous permettra, après lecture du futur article de vous gratter fièrement la nouille en sachant aussi que vous n’en êtes pas moins foutrement bon malgré vos échecs.). Un schizophrénique, ne m’écoutez pas. Personnellement, je ne vous écouterai pas non plus, je suis mysanthrope dans l’une de mes personnalités. Merci, chère fakir, pour ton article, les autres, ceux à venir, et pardonne-nous nos offenses tout comme nous tentons de nous pardonner de t’avoir bien injustement offensée. Mais ne fallait-il pas se dire principalement à soi-même ? Sur ce point, dans mon schmilblick, nul doute que c’est évident que c’est l’AuteurE avec un E qui marque le meilleur des points. On concède la partie, je pense, quand on commence à rencontrer quelqu’un par qui on a envie d’être battu. Oui, on reparlera aussi de l’art de la guerre, ou alors simplement on fouillera dans les archives de ce merveilleux site, je suis sûr qu’on trouvera une connerie à lire pour nous apaiser entre deux ou trois énucléations malencontreuses de globules néanmoins à lecture de quelques malheureux, mais essentiels, paragraphes. … MERCI. 😉 Merci. A toi.

     
    • Cher lecteur,

      Comme tu le vois sur ce site, la dichotomie et la contradiction semblent, de toutes manières, être les fondements mêmes de l’égo humain.
      Comment toutes ces personnes tiennent dans une seule « âme » ? Bonne question.
      Pour tenter d’y répondre, je t’invite à faire ce petit test (qui n’est pas de moi) : https://www.enneagramme-envolutif.com/test-enneagramme-long-gratuit.html

      Cela te permettra de déterminer qui sont tes personnages prédominants (au moment du test, car si d’aventure les connards qui t’ont faussement diagnostiqué schizophrène avaient raison, tu peux refaire ce test chaque jour et avoir un résultat différent -voir aussi http://furaxfakir.fr/test-quel-malade-mental-es-tu/).

      Quant à l’aspect désordonné et contradictoire des articles présents sur ce site, tu dois savoir une chose : n’étant qu’un être humain et pas un gourou new-age ayant atteint l’illumination (mais pas loin, quand même, eh?) ce site regroupe pas à pas mes recherches, et se doit donc d’être EVOLUTIF. Car les articles évoluent à mesure que je découvre des trucs de ouf qui me font, elles aussi…. évoluer. Tu dois donc lire les premiers articles comme ceux d’un adolescent attardé venant de découvrir le pouvoir lévitationnel de la masturbation, et qui, de mois en mois, d’année en année, chemine vers une certaine maturité spirituelle.

      Et il faut absolument, pour ce faire, enfoncer des portes ouvertes à certains moments, et répéter des vérités qui s’avèrent être des énormes conneries le jour suivant.

      Tu me vois ravi que ces propos te fassent, eux aussi et malgré leur aspect confus, évoluer de ton côté. Tu trouveras ta vraie Monique -la seule la vraie, pas un « choix par dépit » te donnant vainement l’impression d’exister et de remplir ton vide existentiel durant les trois semaines qu’elle aura tenu avant de jeter l’éponge face à tant de densité verbale et émotionnelle- lorsque tu seras prêt, pas avant. Elle est quelque part, traînant sa carcasse penaudement, attendant que tu aies TOI pardonné à ceux qui t’ont offensé (j’ai nommé « le monde entier, » si j’en crois tes propos auxquels tu ne crois pas toi-même lorsque tu réalises, dans un éclair fugace de lucidité, que chacun fait de son mieux au moment M, et que toute la meilleure volonté du monde ne peut rien contre la colère, soit-elle justifiée ou pas).

      Dis bonjour à Tyler pour moi, veux-tu ?

       
  2. Et merci. Grâce à toi, j’ai commencé à lire Houellebecq. J’aime bien car il vous maudit tous. Je le trouve même meilleur en ensemble et en fluidité qu’Ellis (peut-être parce que niveau longueur aussi, il prend moins de risques), même si je reste persuadé qu’un type comme Ellis, malgré ses thématiques outrancières et sa longue description choc du graveleux et obscène de notre monde navrant, n’en est pas moins en de nombreux instants l’équivalent actuel de types de jadis tels Balzac ou Maupassant. Plutôt Balzac, je dirais. Sinon, la gonz’ à deux têtes, elle, j’ai pas regardé mais, question, est-ce que tu sais si … Par hasard … Je veux dire … Elle(s) suc… ??? 😛

     

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