[ART 9] La Fin des TempsPrend 10 minutes de ta life à lire

 

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Ton plus gros problème, je le devine : c’est de reconnaître que tu vas crever. Ou pire : c’est de capter que t’es vivant, et ce jusqu’à ce que tu crèves. Putain de paradoxe, hein ? Mais est-ce que tout ça est vraiment LE problème ? Le seul problème ici, je vais te dire : c’est que malgré tes heures passées à rien foutre, regardant niaisement le plafond, tu ne parviens toujours pas à faire une chose pourtant essentielle : tuer le temps.

Tu vois ta vie comme étant linéaire, remplie de causes et de conséquences. Cela amène une dimension fort dramatique à ta courte existence, dont tu pourrais très bien te passer.

Si on en croit la science et les vraies théories du Big Bang (et des ondes gravitationnelles, mais me demande pas de t’expliquer, pour l’instant j’ai rien compris), et bien tout a été crée en même temps. Tout. L’espace, les distances, la matière, et par conséquent, le temps aussi. Résultat, les gens avec bac +74 crient au génie post-mortem d’Einstein qui disait haut et fort -sans avoir eu le temps de le prouver par des numéros sur un tableau noir à craie, que « La distinction entre le passé, le présent, le futur n’est qu’une illusion, aussi tenace soit-elle. » Si tu suis ce simple raisonnement, tu vois bien que même l’évolution n’est qu’une illusion. Regarde le symbole de l’infini : tu y vois pas une boucle, toi aussi ? L’humanité est pas si con, elle sait y faire en matière de symbole. Elle est assez intelligente pour symboliser sa propre connerie : on tape quand même dans du très très haut niveau, là.

La fourmi, c'est toi.
La fourmi, c’est toi.

Prends-toi la tête avec moi deux minutes sur cet autre symbole bien sympa : la fameuse croix de Djeezus, tu sais, celle sur laquelle il est genre, mort, et puis genre, reviendu nous voir pour nous dire « aimez-vous les uns les autres bordel de merde et votez pour le mariage LGBT  ». En fait, tout le monde pense que sa croix c’est le fardeau de la méchanceté qu’on s’impose les uns les autres ou je sais pas quoi, et qu’en fait faut tous se faire des bisous tout le temps en mode hippie sorti d’un centre Osho. En fait, ce que voulait dire Djeez le maigrichon, c’est encore plus simple ; le gars il crève la dalle sur sa croix, et 3 jours après, hop, il ressuscite ! Déjà j’aimerais bien savoir qui est ce chanceux de « Ite » qui y a eu droit deux fois (azy tape du pied, la blague va finir par monter au cerveau). Mais ya plus important encore : Djeez en fait, est reviendu pour nous dire un truc ultra simple : Le Corps n’existe Pas. La matière non plus, si tu vois ce que je veux dire. Tu te souviens du gars qui s’est fait cramer la gueule ? Ok, jveux bien, les drogues, toussa. Mais quand même, le gars savait ce qu’il faisait, quoi. Il voulait te dire que non seulement la mort n’est qu’une illusion, mais que le corps terrestre en est une aussi.

Une citation de Djeezus semble le mieux résumer le truc: « Le monde n’a jamais été du tout. L’éternité est un état constant. » Swag.

Le challenge que propose mon gourou Richard Grannon, c’est que pour vérifier ça (il parle à priori des narcissiques, mais le principe est le même), c’est de venir te foutre un gros coup de boule dans tes dents et une fois que tu es par terre en train de saigner ta race, te dire gentiment « alors, t’es sûr que ya rien, Que tout ça c’est illusoire ? »
Eh bah pourtant ma poule, si si, c’est bien illusoire. Tu le comprendras mieux en regardant ce que ce monsieur a vécu.

Je t’ai déjà longuement parlé de ce logiciel à la con qui te fait croire plein de trucs pas franchement vrais sous forme d’impulsions électriques : l’égo. Ce petit fdp t’empêche de voir ta vraie vie, celle en dehors du temps et du corps, un peu comme ça mais plus en mode ninja invisible:

C'est vrai que de là-dessous, on voit pas plus loin que le bout de son nez. Et encore.
C’est vrai que de là-dessous, on voit pas plus loin que le bout de son nez. Et encore.

En mode « psychologie de comptoir », ce truc là s’appelle, par exemple, le Spotlight effect. Sous l’emprise de ton égo, tu crois que ce que tu vois est tellement réel que tout est le centre de ta vie, voire pire, que TU es le centre de l’univers. (cf articles 1 et 2) N’oublie pas, au passage, que notre dude Galilée le brave, qui avait osé dire que le géocentrisme c’était de la merde, a fini sa vie en taule. Les prophètes ont souvent la vie dure, mais je digresse.

Donc, tout ce qui t’arrive, non seulement tu t’en souviens, mais pire, tu restes persuadé que tout le monde s’en souvient. Alors que pas du tout. Et quand bien même ils le feraient : ça te change quoi, à toi ? Je veux dire, là-maintenant ? On traîne tous nos casseroles et on leur permet de nous définir, de nous traumatiser, limite de prédire notre futur. Combien de fois tu t’es dit « ah non putain, plus jamais ça ! » et fatalité, tu refaisais ou re-subissais la même expérience de merde ?

Azy compte pas, ça va te déprimer.

Je vais te raconter une petite histoire personnelle. Il y a quelques années, dans le cadre de mon travail, j’ai rencontré un gars. On a passé des heures ensemble, je connaissais son nom, il connaissait le mien, je connaissais sa tête, il connaissait ma tête . Bref, on se connaissait. La vie a repris son cours, et ô magie, deux ans plus tard, il devient le mec d’une amie. On passe du temps ensemble, on apprend à se connaître, tout ça. Son nom ne me disait rien, mon nom ne lui disait rien, bref, on ne se connaissait pas. Fouillant dans des vieux dossier, j’ai reconnu, des mois plus tard, son nom dans une liste. Finalement, on s’était connus. Aussi incroyable que cela puisse paraître, malgré nos discussions philosophie vs psychologie, aucun de nous deux n’avait eu le déclic. Page blanche.

Si tu n’as qu’une chose à savoir, la voici :on s’en fout de ta vie. Et cette notion est foutrement libératrice. Non seulement on se souviendra de pas grand chose de toi après ta mort, mais ce principe est aussi vrai durant ta vie.

Il y a deux sortes de temps, en vrai: le temps-horloge (le vrai le dur le barbu, celui avec la petite aiguille et la grande, linéaire et toussa), et le temps-psychologique. Le temps-psychologique, c’est toutes les casseroles que tu traînes dans ton esprit, cad les trucs qui n’existent plus ou pas encore, mais qui squattent ton temps-horloge et te font prendre des rides et perdre le sommeil.

Tu le comprends désormais : les illusions sont: la différence, le temps, la matière. Mais tu t’accroches à ce qui te « définit » sur le moment, sans capter que t’étais un autre hier, et que tu seras un autre demain.

En vrai, quand tu t’identifies à tes pensées, cad à ton passé et à ton futur, voire à ton corps, eh ben tu t’identifies à… une fiction : à des anecdotes (passées) et des prédictions (futures). C’est pas un peu con-con comme système ?

Un geste simple pour combattre cette fâcheuse habitude : retourne dans le temps.
Retourne, retourne, encore, plus loin, revis ta vie à l’envers, azy, fais toi plaisir comme avec le microscope sur ta peau de la dernière fois. Mode rewind total, machine à remonter le temps, youpi.

Au bout d’un moment si t’as bien fait le truc (cad sans te perdre en route en te demandant si t’as bien effectué ta confirmation de commande SNCF pour le week end prochain, par exemple), tu vas revenir à un âge où tu avais… roulements de tambour… ZERO ANS.
Et si tu schématises les stades de ta vie actuelle, du point de vie de l’ici-maintenant (donc là, au moment où tu lis ce truc) ça se résumerait à ça :
1- Avant zéro ans : tu sais rien sur le schmilblick. Où tu es, ske tu fais, dans quel état, dans quelle dimension. Nada.
2- A zéro ans : tu sais toujours rien, mais t’es vivant (mais tu sais pas que t’es vivant. T’es même pas conscient que ta mère prend des photos de toi en grenouillère ridicule et les envoie à toute la mifa, et que tu auras envie de l’insulter pour ça plus tard.)
3- A dix, vingt, trente, quarante, cinquante, soixante, soixante-dix, quatre-ving ans : tu sais toujours pas ske tu foutais avant et ske tu vas foutre après avoir été vivant, mais tu te poses la question pasque tu sais que t’es vivant. Et tu passes beaucoup de temps là-dessus.
4- A quatre-ving dix ans, ça commence à te casser les couilles de te poser ces questions, mais t’es encore à peu près sûr d’être vivant. Et tu sais toujours pas ski va t’arriver. Et tu flippes un peu.
5- Tu arrêtes officiellement d’être vivant. Rideau.
6- Tu re-sais rien du tout.

Soies-en conscient, bébé : tu es déjà mort : avant d’avoir trouvé la femme de ta vie, tu étais quoi ? Célibataire. Et quand la femme de ta vie va crever ou partir avec un autre ? Tu seras célibataire. Et quand tu avais zéro ans, quels traumas tu avais ? Quelles expériences , quels espoirs à la con ? -Jveux dire, à part toutes tes vies antérieures, mais on en reparlera plus tard, t’es pas prêt.- Pourtant à zéro ans, tu étais déjà vivant, nan ?

Le truc cool, c’est que cette astuce, tu peux la mettre en pratique là, maintenant, de suite. Si tu as un peu de mal, je t’invite à fixer cette image jusqu’à ce que tu rentres en transe :

C'est super logique, quand on y réfléchit bien.
C’est super logique, quand on y réfléchit bien.

Ensuite, pose-toi la question à un milliard d’euros (soit 6,55957 milliards de francs pour nos lecteurs en stade 4): est-ce que tu as un problème ? Je te parle pas du truc qui te hante depuis ton enfance, ou de l’exam que tu dois passer demain. Je te parle de là, maintenant, en cette seconde précise ou tu lis ma question : EST-CE QUE TU AS UN PROBLEME ?
Maintenant, au cas où tu aies fermé les yeux pendant le processus (pas facile de lire en même temps je sais, mais j’ai confiance en tes capacités de ninja), pose-toi cette nouvelle question :

QUE SUIS-JE ?

Et dans ce bref moment, avant que toutes les infos ancrées dans ton disque dur (ta mémoire, quoi) te reviennent à la gueule, tu comprendras furtivement que : 1- tu n’es personne et 2- tu es conscient, point barre.

Rien n’est vrai à part ce moment précis, celui-là, celui dont tu fais l’expérience immédiatement, et pas un autre.
Conclusion : seul le moment présent compte, et la future mort physique n’est pas un élément déterminant. Donc le passé non plus. Envolés traumatismes à la con, espoir futiles, besoin externes et envies d’avoir une personnalité bien ancrée.

Et là, magie, tu captes le principe ultime de l’acceptation radicale et de l’impermanence.
Ca fait du bien, non ? Tu l’as senti le délire « go with the flow » ?
Parfois ça ne dure qu’une seconde, mais c’est suffisant.

Je t’invite, en complément, à faire ce petit test pour savoir à quel point tu en es de ce côté-là.
Et ce tuto pour te zénifier la gueule, ce qui est toujours utile dans ce monde de brutes.

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