[ART13] Con de ConceptPrend 12 minutes de ta life à lire

se-mord-la-queueTes concepts se mordent la queue, comme ce petit chat trop mimi. Et ya bien un concept à tuer en premier, mais je te laisse le découvrir ici.Le concept bien con, que j’ai envie de buter, ouais, t’as deviné, c’est TOI, lecteur. Mon mobile ? Bah, tu fais un truc que je supporte pas : tu te crois vivant, et ça m’énerve. Donc, je veux te voir mort pasque tu te crois vivant alors que t’es mort. Voilà voilà.

C’est quoi d’abord, le concept de concept ? Définition : Idée générale et abstraite que se fait l’esprit humain d’un objet de pensée concret ou abstrait, et qui lui permet de rattacher à ce même objet les diverses perceptions qu’il en a, et d’en organiser les connaissances. Bref, toute chose est concept à partir du moment où la conceptualise. Putain on est mal barré.

Pourtant, tu vis avec, par et parfois même pour, tes concepts, croyant que « l’esprit humain », bah c’est tout le monde, quoi, et que donc ils te permettent de mieux interagir avec doudou. Et si jamais dans une convo vous avez un doute sur un truc, hop, on sort le dico et l’affaire est réglée. Le sens commun, toussa.

Azy, donne-moi ta définition du concept d’amour, par exemple (en commentaire ça serait funky).

Et demande à 5 personnes d’en faire de même.

Et reviens me dire que les concepts sont universels.

Le seul truc un peu easy serait de dire « bah l’amour, c’est le contraire de la haine », et là c’est jackpot à 5 millions ma poule, car ya pas de définition d’un truc sans son opposé, comme tu vas le voir dans cet article. Mais sinon, t’auras pas deux personnes qui pensent l’amour de la même manière dans ce monde.

Conclusion : concepts = dogmes à la con qui figent ta pensée dans une prétendue réalité. Alors d’accord, c’est vrai que les concepts hyper abstraits comme l’amour sont peut-être pas le meilleur exemple. Prenons des concepts scientifiques alors. Je t’ai déjà expliqué que le temps n’existait pas, et après tout pourquoi pas, c’est pas un truc que tu peux techniquement ressentir. Alors un truc plus badass : la matière. De base, t’es bien certain d’être en 3D, que ta chair et les objets autour de toi ont un volume, une grosseur, une circonvolution quoi ; on te les fait même calculer quand t’es petiot à l’école, alors pourquoi douter de ça ?

Sauf que. Tu te crois vivant, bien en chair, avec une personnalité qui t’appartient, un passé et un futur, une naissance et une mort, bref tout le tintouin métaphysique normal.

concept-vie-eternelleComme je te l’ai déjà dit dans le dernier épisode, tu passes ta vie à te demander « qui suis-je » ?, et c’est très sain. Sauf que je vais te spoiler la vrai signification du « connais-toi toi-même » gravé à Delphes : ça veut dire « va crever ». pourquoi ? Pasque cette question, « qui-suis-je » est un hoax, les amis : t’auras beau chercher, tu trouveras rien, et du coup, ton mental implosera dans un déluge de feu et de tempête intersidérale. Sympa.

Pour l’instant, tu prends le « connais-toi toi-même » à la lettre, et tu essaies de bien définir ta ptite personnalité névrotique en te basant sur tes sens et ton monde physique. Et ça, c’est moins sain. Pasque déjà, quel monde physique ? Selon des gens qui réfléchissent beaucoup, notre prétendue réalité ne serait que de la simple 2D et ce, depuis toujours. La bonne nouvelle c’est donc qu’officiellement, la taille ne compte pas, messieurs (kiki), mesdames (lolos). La mauvaise, c’est qu’on vit tout aussi officiellement dans une belle illusion de connards. Les physiciens à la mode sont allés voir du côté du macro réalisme et ont mis à mal l’idée de relief. Attend, en fait c’est simple, on en revient toujours à Matrix, et tu kiffes ma trique Matrix.

Tu vois une télé ? Bon. Dans une télé, ya qu’une source, et de cette source partent des milliards de particules sur un écran, qui matérialisent des objets en 2D en occupant des pixels. Jusque là tout va bien. Si tu veux de la 3D, il te faut un filtre, des lunettes 3D, non ?

Bah dans ta vie c’est tout pareil. Tiens, prend tes rêves, par exemple. Ils viennent bien de toi, nan ? De la même source, donc. Quand tu rêves, ya pas une conscience de toi qui sait que tu rêves + une identification totale au rêve, à ses personnages, situations etc. C’est l’un ou l’autre : quand tu commences à capter que tu rêves, c’est que t’es en train de te réveiller. Quand tu rêves, parfois tout ce qui était « toi » change : ta tronche, ton age, ton sexe. Mais ce qui ne change pas, c’est ton implication : tu ressens clairement ce qui s’y passe comme si c’était vrai, même si t’es un gamin de 8 ans qui mange des corn-flakes sur une aile d’avion qui ressemble à Paris Hilton. Et ya rien, dans ce laps de temps, qui te dit « nan mais attend, en fait chuis autre chose, je suis un humain kia les yeux fermés dans un lit et qui d’ailleurs bave sur son oreiller là tout de suite ». Même le concept d’oreiller n’existe pas dans ton rêve. C’est que quand tu te réveilles que toute ta life te revient en mémoire et que tu peux débriefer à quel point ce rêve était chelou, que tu compares les « toi » réels et de ton rêve, et que tu conclues que non, t’as pas 8 ans, et que ça serait effectivement cool que Paris Hilton soit enfin recyclée en aile d’avion tellement elle est plate.

Le seul et unique rêve qui représente la réalité, c’est si tu rêves que tu dors et que tu rêves que tu dors et que tu rêves que… tu vois le délire. Tout autre rêve n’est qu’une illusion. Alors pourquoi ça serait pas la même chiasse quand tu « vis » ?

illusion-matiere-matrixTon corps est un engin qui te sert, certes, à appréhender le monde, mais c’est aussi un filtre qui t’empêche de bien tout voir. Donc tu finis par tout faire en circuit fermé en pensant avoir un semblant de volition, comme par exemple quand tu te prends la tête sur le futur. Le futur, ce n’est que du passé recyclé, tu le sais déjà. Le futur est une illusion tout pareille à la 3D : en fait t’as aucune idée réelle de ce qui peut se produire, ducon. Et c’est pas pasque tout a été crée en même temps lors du soi-disant big-bang que ça te laisse une quelconque avance de prédilection quant à ton devenir, en tout cas pas plus loin que la simple cause (j’ai bouffé trop de flageolets) conséquence (je vais te péter à la gueule sous la couette toute la nuit). Au delà de ça, toute connaissance analytique (rationnelle, objective, mentale, intellectuelle) sera forcément limitée. Eh pourquoi ça ? Bah, pasque tu peux juste PAS savoir avec exactitude si une météorite est pas en train de foncer vers toi et tout détruire, voilà pourquoi.

Dans ton époque de surinformation, tu crois sincèrement tout savoir, et quelque part, t’as pas tort : tu sais tout du présent, voire du passé, point barre. La formule est très simple : tu ne peux pas comprendre l’inconnu à travers le connu. C’est pas bien compliqué à capter ça, si ? Le concept même de gravité n’est, selon Hume, qu’une mauvaise habitude: tu crois que la pomme va tomber car elle est déjà tombée par le passé. Tes concepts font ta faiblesse intellectuelle, ils sont ta « sécurité illusoire » comme disait Norik. Si Morpheus frappait à ta porte ce soir et te proposait la pilule rouge qui te coupe de toute réalité physique, tu chierais dans ton froc direct.

L'option du normand à l'offre de Morpheus.
L’option du normand à l’offre de Morpheus.

Du coup, on s’est tous crée une jolie hallucination collective rassurante (Nietzsche), tout simplement pasque la réalité étant tout sauf pertinente (puisque tu sais fichtre rien de ce qui se passe en dehors de ta réalité), c’est trop glauque de mettre les pieds dans ce que Baudrillard appelle « le désert du réel ». Bienvenues donc chair, douleur, mémoire, causalité, etc, pour oublier qu’au fond, ya… rien.

Si ya rien, que rien n’est réel, c’est le néant, alors? Bah, pas du tout, connard, fous-toi une claque et viens me dire que rien n’est réel. C’est juste qu’il faut que tu comprennes que les concepts sont dangereux car ils te forcent à voir le monde en mode binaire, t’éloignant de la source de toute chose, quoi. D’abord, ya à la fois rien et tout (la « toute-probabilité » quantique si tu veux). Mais comment ce rien/tout peut-il se connaître sans point de comparaison? C’est un peu chaud. D’où le Big-Bang, la Création, Et-La-Lumière-Fut et toussa.

Le bug, c’est que tu, en tant que corps-pas-franchement-hyper-réel-malgré-les-apparences (théorie Newtonienne chérie par Berkeley « l’apparence c’est la réalité puisqu’on peut la décrire par une équation ») penses que le meilleur moyen de te connaître toi-même c’est de te comparer aux autres. Bonjour salope de validation externe, enculé de manichéisme, racisme, dualité de merde, et souffrance. Car le fait même de te dire « je veux être heureux » prouve que… tu es le contraire: malheureux. Tous les concepts s’annulent dès qu’ils sont posés, puisqu’ils sous-entendent que le contraire existe. Pas super plaisant. Et voilà comment tu te pièges dans un rôle de bourreau, de victime ou de sauveur, alors que ces trois rôles sont crées de toute pièce par ton mental.

morale-jugementsDe plus, « j » veux être heureux » place l’état de bonheur dans le passé ou le futur, mais pas dans le présent, ce qui est typiquement le trait des dépressifs. Mais jvais te dire, le pire, c’est même pas ça. La binarité passé/futur, bien/mal, blonde/brune, c’est un bonbon qu’on te file à bouffer dans ton bac à sable. Le pire ma caille, c’est de croire que tout est réel ET que tu as quelque chose à y faire. Hello ta race le libre arbitre, le péché originel, la responsabilité, la morale, les justifications. Tu finis par te croire auteur de tes actes, genre tu décides d’être heureux ou pas et puis basta. Donc ok, mettons que tu décides d’être heureux. Et demain, BIM, tu te fais enlever par un serial killer. T’es sûre que ta fraîche décision tiendra toujours? Et pire du pire, tu crois que tu es quelque chose. Mais si tu penses que tu es (comme tonton Descartes te l’a appris en terminale), alors tu fais de toi-même un concept périssable. Bah oui, si tu es, là maintenant, ça veut par opposé dire qu’un jour, tu ne seras plus. Et que ça sera définitif. Supeeeeeer. Tiens, une corde.

Du coup pour oublier cette fatalité, tu passes ta vie à essayer de te « vider la tête », à vider ton écran des images parasites, en oubliant que tu es la lumière, le projo qui permet à ces images de se réaliser. Tu savais qu’y a des gens qui sont atteints d’une maladie de ouf qui les empêche de visualiser quoi que ce soit dans leur esprit? Genre les gars, ils savent même pas à quoi ils ressemblent s’ils ont pas un miroir ou une photo d’eux sous la main. La question est: est-ce que ça les empêche de vivre? Apparemment, pas du tout. Ta réalité, c’est ce que tu perçois, jusque là on est d’accord. Alors si je te fous dans la gueule l‘allégorie de la caverne de Platon là de suite, tu dis quoi? J’ai pas le temps de te l’expliquer alors mate la vidéo et réfléchis un peu.

A partir du moment où tu laisses tomber les concepts, les images, les représentations du « réel », l’infinité des possibles s’offre à toi comme une milf en chaleur les pattes ouvertes. D’où ma demande récurrente: tu veux pas crever un peu de ton vivant? Juste pour voir ce que ça te fait? Pasque tant que tu penseras que t’es vivant, tu vas utiliser ton savoir relatif pour te comparer et te définir, et comme tu es soumis à une forme de vie physique, tu pourras jamais trouver ta vraie nature tant que tu seras pas cané. Et en attendant ce jour béni, toute tentative de te définir ne fera qu’entretenir la guerre dans le monde et en toi, puisque tu captes que concept = définition = comparaison = séparation = différence = inconnu = incompréhension = peur = haine = baffe-dans-la-tronche-pour-avoir-plus-que-le-voisin. Alors qu’on vient de la même prise électrique, tous les 100 milliards de gens qui ont foulé cette terre. Plus de savoirs extérieurs à toi ne t’amèneront pas plus près du nirvana, puisque rien ne peut être connu par un truc (toi) soumis à des lois tangibles (la matière), alors que Dieu (la conscience pure) bah, il est pépouze au milieu du néant à te regarder te demander qui il est. Il a tout gagné en te créant, le gars: « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu », dixit feu St Athanase.

Alors fais-moi plaisir deux secondes et applique keski disait pépé Socrates, hein? « La seule chose que je sais, c’est que je ne sais rien ». En tout cas, dans ce monde-là. Pasque hors de la caverne, t’es Dieu, sauf que t’as juste oublié par confort.

Alors que le confort, c’est de capter que tu es une conscience qui s’éveille à la vie et change jour après jour, et pas une petite merde limitée par des concepts qui se mordent la queue, comme le petit chat de l’intro.

See you in the next life, baby.

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