[ART14] Dégât des Autres10 min read

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« L’enfer, c’est les autres » disait Sartre. Double scoop man : l’enfer n’existe pas, et les autres non plus.

Pourtant, comme on l’a vu la dernière fois, t’essaies maladroitement de communiquer avec autrui, et c’est tout à ton honneur. Par contre, tu penses naïvement que tout le monde pense « à peu près comme toi ». Alors oui je te l’accorde, la plupart des gens veulent la même chose. Je pourrais aussi te causer du sens commun en t’exposant les « hallucinations collectives » qui parcourent le monde, comme durant une expérience de mort temporaire, ou un contact avec les extra-terrestres (in english) , ou le fait que tout le monde, même les mecs, voient une déesse leur expliquer leur futur sous ayahuasca. Mais tu veux des articles plus courts d’après le sondage, donc je vais faire bref. Ou pas.

Ce qui est certain, c’est que quand ta réalité est trop différente de ce qui se passe vraiment, comme dans le cas des indiens d’Amérique qui ne voyaient pas les vaisseaux de Colomb arriver, eh ben, ça t’entraîne tout un tas de biais cognitif très handicapants :

Non seulement c’est pas hyper facile de communiquer avec des gens que tu n’es pas, mais c’est tout autant ardu de comprendre ce que tu es et ce que tu veux, hein ? Allez, fais pas ta timide, je sais que tu hésites encore entre la glace au chocolat et à la vanille alors que tu as 50 piges. Bon. Le truc, c’est que tant que tu te convaincs que c’est celle au choco que tu préfères, sachant que les goûts évoluent constamment, eh ben, tu n’es tout simplement pas toi. Comme le dit Tolle, « le faux-moi se nourrit de non-abandon » (et pas de glace à la vanille, donc. Quel dommage.) Toutes ces soi-disant caractéristiques forment ta Narration Fallacieuse, ton Black Swan et tu finis par te forger une sorte de toi idéal basé sans le vouloir sur ce que les autres te montrent d’eux ou veulent que tu soies.Du coup, tes rares moments de paix, ceux où t’es pépouze à te toucher la nouille dans ton bain en écoutant Nouvelle Vague, te font penser que tu pourrais être tout le temps comme ça: chill, parfait, serein. Et tu finis le reste du temps par te comparer à une caricature de toi-même, et donc te mentir à toi-même, ce qui est, je te le rappelle, une des définitions de l’enfer. Car évidemment, dans ce processus, tu finis aussi souvent par te détester toi-même et te promettre-jurer-cracher que tu vas œuvrer pour devenir un être parfait… bientôt. Genre le 1er janvier 2017, au pif?

Donc, tu vas faire des efforts. Mais les efforts, c’est de la merde, pasque ça passe par la pensée, pas par l’instinct. Dixit le maître des maîtres Bradbury :

Ne pense pas. Penser est l’ennemi de la créativité. C’est embarrassant, et tout ce qui est embarrassant est mauvais. Tu ne peux pas « essayer » de faire des trucs. Tu dois simplement les faire.

Tu vois, te forcer à faire 3h de sport par semaine alors que tu détestes le sport, c’est un poil contre-nature. Ya d’autres trucs contre-nature qui te baisent la gueule et te provoquent des maladies, comme par exemple garder un secret ou prendre du Prozac, ou te gaver de bouquins tout le temps. De plus, quand tu cherches à être ci ou ça, tu es bloqué sur le résultat, et pas le processus, et cela te conduit bien souvent au fail (comme quand tu te blesses au sport, pour reprendre le même exemple). Cerise sur le gâteau, avoir un objectif éloigné de ta nature est une démarche mortifère : tu crois qu’une fois « arrivé » tu seras bien. For ever. Sans jamais avoir à faire le moindre effort. Mais bien sûr.

Quitte à faire des efforts, bouffe donc la carotte si t’y arrives, ça te rendra aimable.

Pour info, ce comportement, tu l’auras surtout si tu as été soumis à un traumatisme long dans ton enfance (le syndrome de stress post-traumatique complexe). En effet, tu as internalisé que tu ne peux être aimé qu’à la condition que tu fasses [insert ce truc horrible que tes parents te forçaient à faire constamment et qui t’a foutu en l’air]. Bref, tu cherches une forme de satisfaction un peu constante, et te fous largement le doigt dans l’oeil ce faisant, puisque tout change tout le temps, trauma ou pas.

Le PTSD, il te suit partout.

Dans cete fâcheuse situation, le présent n’est plus qu’un simple objet transitoire entre ton conditionnement (passé) et tes rêves (futur). Pose-toi deux minutes cette question de chéper : pourquoi donc la plupart des gouvernements mondiaux interdisent l’usage des psychotropes type LSD ou autre ? Ce monsieur qui fût accro à la beuh pendant plus de quinze ans a une réponse des plus étonnantes. Comme tu es quelqu’un de bien et que tu ne prends aucune drogue, tu n’as aucune idée de ce que tu es en dehors de ton conditionnement, et donc, tu justifies tes biais cognitifs nombreux, comme de par hasard, en prenant comme référence des pans de ton conditionnement, genre « ah bah ouais chuis colérique, mais bon, mon papa m’a foutu une torgnole quand j’avais dix ans » Belle ironie, n’est-ce pas ? Bien que très pratique sur le moment, sache que « toute justification est une fuite » (Eric Baret), donc un refus de qui tu es vraiment. POINT BARRE.

Alors à un moment, tu te dis « fuck it, je m’en fous de tout, allez c’est bon, j’ai donné ».

Non.

Tu t’en fous pas.

Je te vois chouiner derrière ton écran quand tu vois ta super pote active sur facebook alors qu’elle a arrêté de te parler sans aucune raison du jour au lendemain.

Tu essayes juste t’être détaché.

Plus tu essaies d’être détaché d’un truc, plus tu t’y attaches : t’es attaché au fait d’être détaché, rien de plus.

Loser.

Tu feras moins le malin quand tu dépasseras les premiers nuages tout seul et que tu regarderas en bas.

C’est chelou mais ya des gens, de base ils t’aiment bien, et d’autres, non. C’est comme ça, tu vas dire ? Bah non. Enfin, ouais, ils pensent qu’ils t’aiment pas et tu prends ça pour acquis et tu leur parles jamais pasqu’ils te foutent la trouille. Mais un mec très futé dénommé Benjamin Franklin a réussi à déjouer le bug en demandant un service à son fieffé ennemi politique. Je l’ai déjà évoqué dans le test 6 mais t’es peut être passé à côté du concept : c’est pas pasque t’aimes quelqu’un que tu lui fais du bien mais le contraire : plus tu fais du bien à autrui, plus tu l’aimeras (et plus il t’aimera aussi, donc win-win immédiat).

Eh ouais c’est vrai, t’es un animal social. On te l’a toujours répété, alors tu aimes ton prochain -enfin, tu essaies. Tu dis même « je t’aime » à une personne en particulier (ou à tous tes collègues de taf si t’es un peu borderline) Tu vis avec cette personne et crois que ça t’apporte une quelconque sécurité : eh oui, cet élu te rend HEUREUX. Sauf qu’une fois que ce bonheur est établi, tu vas en avoir marre et vouloir autre chose, grâce à cette pute d‘adaptation hédonique

Il en faut si peu.

Jvais te dire un truc : la solitude, en vrai, est programmée pour te rendre consommateur : plus t’es seul, plus tu sucks, plus tu vas passer ton RSA sur Amazon, et ce manque de chaleur humaine ne sera pas pour autant comblé, sois-en bien certain. Par contre l’économie mondiale se portera mieux. Le meilleur exemple de ce mal: le FOMO (la peur de rater quelque chose) te rendra dépressif, et pire, détruira à petit feu ton aptitude à te concentrer, la rendant plus courte que celle d’un poisson rouge via ce joli processus qu’est la procrastination.

Alors, pourquoi tu n’arrives pas à recontacter depuis 3 ans ce vieux pote que tu surkiffes ? Eh ben, tout simplement pasqu’il est sorti de ta zone de connaissance, et qu’il s’apparente désormais à de l’inconnu. Et ça ton mental, il aime pas du tout. Donc tu retournes acheter l’intégrale Breaking Bad sur Amazon plutôt, te faisant croire que tu comprends la vie, que tu gères, alors que ta sur-individualisation t’isole de plus en plus en te donnant l’illusion que t’es normal et différent à la fois. Et le jour où tu croises par hasard ton vieux pote et qu’il te dit ne jamais avoir maté Breaking Bad, tu te sens frustré et déconnecté de lui comme jamais.

Comment t’en es venu là, sérieux ? J’ai ma petite idée. La piste principale, c’est la croyance en la séparation : du moment où tu crois dur comme fer que t’es différent du voisin, ça beugue. Pire, tu penses être un esprit enfermé dans une boîte crânienne enfermée dans un corps de chair enfermés dans de l’oxygène. Le biocentrisme, quoi. Sauf que le biocentrisme explique que sans la conscience (appelle ça l’âme si ça te fait plaiz), ya pas de lois physiques externes. Bref, c’est la conscience qui crée le temps, l’espace, les choses, tout. Je te signale trois petits trucs au passage pour te faire un peu flip :

  • L’intelligence artificielle est en passe de devenir plus humaine et intelligente que l’humain biologique
  • Il y a à ce jour 270 personnes cryogénisées à -170° dans le monde
  • Ya un bon monsieur qui a vécu deux siècles
  • Ya des gens réels qui se mettent à confondre les autres gens réels avec des personnages de fiction, sur facebook en plus
  • En gros, pour finir, ton plus gros fail en terme de croyance est que tu penses qu’il ya a trois niveaux d’ »être » bien distincts (c’est même moi qui te l’ai expliqué) : le corps/chair, l’esprit/mental et l’âme/aura qui en fait sont totalement imbriqués. C’est juste que tu habites ces niveaux différemment selon ta vibration. Quand t’es en sommeil profond par exemple, t’es en mode âme, puis tu te réveilles et reviennent ton identité, là où tu es, en mode mental, puis ton corps se « rematérialise » en mode physique. En vrai tu voyages beaucoup, beaucoup plus que tes 3 semaines en Grèce par an tsé. Déjà, quand on demande « ça va ? » on pense à ton moral, alors qu’au départ on te demandait si t’avais bien chié. CQFD.Conclusion: les efforts, non; les rêves, oui. Tes rêves vont se concrétiser en toi via la visualisation créatrice, et t’auras juste rien d’autre à faire pour devenir cet être parfait que tu es déjà, en fait, même avec tes soi-disant défauts, et surtout sans en passer par les sempiternelles bonnes résolutions de l’année que tu tiendras jamais. Laisse faire la vie, elle t’apportera ce dont tu as besoin quand il le faut. Et profite de cette nouvelle année, sachant que t’en auras à peu près ça:
    Je te laisse cocher celles que tu as déjà eues.

    Fais de beaux rêves, donc. Je te laisse avec cet audio d’Alan Watts en vostfr qui résume à peu près tout. Et en bonus, la version electro-chillstep. Bonne année!

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