[ART16] Cupidon dans ton FionPrend 10 minutes de ta life à lire

Fait froid bordel ! Rien de mieux que de te lover contre ta moitié, hein ? Bah non. Lis ça plutôt.

Introduction de mon sexe dans ton sexe: Keske l’amouuuuur ?

C’est une force, un élément, un besoin vital ? Peut être bien les trois. Tu te souviens des levels de vie de Mark Manson ? Bon, l’amour c’est le 3eme sur 5, et c’est là où tout le monde reste kéblo. D’après lui, ya 3 déclencheurs qui te poussent à tomber in love :

1- Le statut : la beauté, richesse, intelligence, bref tout ce qui peut faire de toi un boss d’Instagram.

2- La connexion : les valeurs partagées, la compréhension mutuelle et tout le tsin-tsouin spirituel.

3- La sécurité : la confiance en l’autre, l’engagement à long terme, le fait de pouvoir compter sur quelqu’un.

Sinon, biologiquement, je vais pas te répéter ske tu sais déjà, une sécrétion de dopamine pendant 12 à 18 mois, puis c’est la redescente, suivie soit d’une relation toxique à base de cassage régulier de vaisselle dans ta face, soit d’une rupture par manque de sentiments. Dans tous les cas, la seule chose qui compte, c’est d’être touché. Physiquement. Si tu as le cœur bien accroché, tu peux mater comment on le sait grâce à un ptit singe tout mignon.

La base, quoi.
De la sécurité à la dépendance affective

A la base l’amour servait juste à pas se faire bouffer par un prédateur. On prenait soin de l’autre pasqu’il nous filait à bouffer ou qu’elle nous suçait la queue, et basta. Pas de fleurs, de lettres enflammées, pas de jteregardedanslblancdesyeux5hd’affilée, nada. Fallait que ça fonctionne, point. Et puis, ça a dérapé, ya eu les villes et la loi, et tout ça s’est transformé. D’abord en besoin primaire d’acceptation, puis en nawak total depuis que les soixante-huitards ont inventé la libération sexuelle en même temps que les interwebs. Paradoxalement, c’est la constitution des sociétés, donc des institutions, qui conduit petit à petit à la « désinstitutionnalisation » de l’amour. Avec un mot pareil tu défonces mémé au Scrabble, tsé. En tout cas, depuis 2004, si tu es une femelle, tu n’as plus à attendre 10 mois minimum pour te remarier après un divorce. Bref, tout le monde fait fait fait ski lui plaît plaît plaît.

Sur une échelle de 1 à 10, à quel point t’es marié?

Mais en fait, rien n’a jamais vraiment changé, tout est histoire de bizness ma poule. C’est juste que l’amour romantique des précédents siècles genre jte fais la cour en mode Pépé le Putois a tenté vainement de faire passer la pilule en vendant ça comme un truc glamour car t’as le choix. C’est désormais la compétition darwinienne sur Tinder, avec toujours en fond ce que Chaumier qualifie d’ « idéalisation du fantasme de reconnaissance […] l’idée romantique néoplatonicienne de prédestination […] retrouver sa moitié perdue ». En bref, trouver chaussure à son pied.

Sauf que. Des paires de shoes, t’en as eu combien, sérieux ? Tu vois le truc: il n’y a pas d’amour parfait et inusable. Pourtant, tu t’évertues à croire qu’un objet extérieur (oui oui ta « moitié » est un objet, regarde, yen a bien qui se marient avec leur poupée gonflable) va te procurer du bonheur genre, forever and ever. Mais bien sûr. Welcome to wonderland brave homme, reprends-donc un LSD je te prie.

Réactions immunologiques à l’amour

Comment en es-tu arrivé là ? Easy. Tu as eu des parents chelous (in english). Soit ils t’ont surcouvé et dirigé ta life (enmeshment en terme psychologique), soit ils t’ont snobé à fond voire abandonné platement. Du coup, soit tu vas devenir une meuf relou qui a besoin d’une bonne âme pour la sauver (syndrome anxieux), soit tu vas rejeter la simple idée du couple comme s’il s’agissait d’herpès (syndrome évitant). Bien évidemment, tu passeras un temps précieux à te coltiner des évitantes quand t’es un anxieux, et vice versa, sinon où est le fun ? Et quand t’en auras pris assez dans la gueule, tu deviendras ptète même philophobe, c’est à dire que tu pourras plus jamais lire du Kant t’auras une trouille folle de tomber amoureux.

Du cannibalisme au détachement

Alors mettons que ayé, t’es avec quelqu’un. Bravo. Ça s’appelle comment, votre truc ? Fusion, passion, amour platonique, engagement, amitié, intimité, romance, affection ? Oui ça fait beaucoup de termes. Mais attend. Ya un mec qui a simplifié le délire. Deux, en fait. Le premier c’est Robert Sternberg, et voici son tableau explicatif qui vaut plus que mille mots :

La Théorie Triangulaire de l’Amour

[En cas de doute, tu peux faire le test pour savoir quel genre d’amour tu as l’habitude de vivre ici.]

Le second n’est autre qu’un des meilleurs amis de Simone Weil, Gustave Thibon, pour qui l’amour est un subtil mélange de pitié et de besoin qui tourne vite à la fusion malsaine si tu fais pas gaffe: « l’amour commence par l’éblouissement d’une âme qui n’attend rien et se clôt sur la déception d’un moi qui exige tout ». L’autre doit remplir tes vides existentiels, et ça donne la boucle infernale manque=peur=résistance=souffrance=désir. Et c’est parti pour une vie bien pérave faite de déceptions, passions, déchirements, infidélités, ruptures et drames en tout genre. Ce qu’Atkinson nomme « cannibalisme métaphysique », Thibon le reprend dans ces termes :

« On ne peut pas rester fidèle à ce qu’on a mangé et qui n’est plus rien, on va d’une proie à une autre. Il n’est pas de fidélité possible sans détachement : c’est le même amour qui me rend capable de renoncer à ta possession à l’heure de ma convoitise, qui m’empêchera de te rejeter à l’heure de ma lassitude. »

Voilà le bug. Comme tu t’imagines ta meuf idéale ayant tel ou tel attribut, tu vas, comme Fabrice Luccini, commencer à te raconter un beau ptit scénario dans ta tête avec elle dans le rôle principal.

C’est pas pask’une meuf mignonne kiffe les mêmes trucs chelous que toi que c’est ton âme-sœur

Puis ton fantasme romantique va se prendre la réalité du terrain dans la tronche (à savoir que non, elle coche pas TOUTES les cases de ta shopping-list), et la catin d’adaptation hédoniste dont je te cause souvent va sonner à la porte et hop, on repose le joujou tant adoré sur l’étagère et on repart à la recherche d’un nouveau qui correspondrait un peu plus à nos envies du moment. On dit bien qu’une relation a été « consommée » quand on nique, nan ? Ça t’arrive de dire que ta meuf te « bouffe » nan ? Voilà. Allez next.

Du polyamour au célibat

Limite impossible de faire un choix et de s’y tenir, de se dire « lui c’est le mieux ». Foutu pour foutu, autant aller fourrer son biscuit partout où on peut. Comme en Grèce antique, tu as désormais plein de mecs différents : le toyboy (courtisan) qui te fait des super cunis mais que tu vois peu pasqu’il est con-con, ton/tes amants potes/fuckbuddys qui niquent un peu moins bien mais sont toujours là pour t’aider ou t’écouter (concubins), et ton mari avec qui tu niques juste pour procréer, payer un peu moins de loyer et donner l’illusion à tes parents que t’es une meuf stable.

Tout ce joyeux bordel a même trouvé une légitimité dans le concept New-age de polyamour, le Xanax contre l’ennui conjugal. Comme tu peux tout avoir –seulement si t’es bogoss, hein– bah, tu veux tout. Logique. Or, comme le dit Rupert Spira, vouloir une chose qui disparaîtra étant une idée très badante, tu collectionnes les gens comme des paires de shoes. Si yen a une qui s’use, t’as juste à ouvrir ta messagerie Adopteunmec pour trouver une autre paire de loches sous 48h. Et tant pis si Madame ou Monsieur souffre. T’es trop libre pour ces conneries.

Prendre du temps pour construire une relation est juste trop fatiguant désormais. Pourtant, comme le dit si bien St Exupéry :

Quand tu trouves une rose belle, en principe tu la coupes et la ramènes chez toi. Ça, c’est la possession. L’amour, c’est d’aller là où elle se trouve pour l’arroser et la contempler quand tu peux.

Le temps et l’intention, voilà la recette de l’amour parfait. Le truc, c’est que tu tends à te détester assez fort assez souvent, ce qui t’empêche de trouver la validation interne dont tu as besoin pour devenir une personne pleinement accomplie (in english). Une vraie célibataire, quoi.

Le truc que tu captes pas, c’est que tu es et resteras toujours célibataire. Quel que soit le nombre de kilomètres de bites que tu auras fait rentrer à l’intérieur de ton corps, absolument personne, même ton psy, ne pourra rentrer dans ton âme et comprendre le chaos qui y règne. Tout ce qui est extérieur à toi n’est qu’une projection, même ta meuf.

De la solitude à la fission amoureuse

Donc. Que faire de tout ça ? Je te dirais bien de te le mettre bien profond et de retourner faire des pâtés dans ton bac à sable, mais j’ai pas envie d’être vulgaire. Non. La formule magique, c’est Tara Brach qui l’a :

« Si tu n’es pas prêt à perdre, tu n’es pas prêt à aimer »

A partir du moment où tu saisis ça, comme l’explique Barry Schwartz -un prof de psycho- tu peux arrêter d’être un « maximiseur » qui recherche frénétiquement un plus-mieux-parfait-ultime, et devenir un « satisfaiseur » qui kiffe ce que la vie lui apporte. Et hop, envolés la résistance, le besoin, le manque, l’hyperactivité sentimentale. Tu te calmes, quoi.

De là, tu peux enfin être heureux en amour, mais ça demande un niveau spirituel d’enculé. Ça demande d’avoir la patience d’attendre un peu quand la période de passion s’étiole, au lieu de rompre, d’aller niquer le voisin ou de t’engueuler bien fort pour avoir ta dose de phényléthylamine. Ça demande la compréhension que tu nais seul et meurs seul, et qu’entre deux tu as la chance de ouf de connaître ce contemporain qui veut bien, comme l’appelle Paule Salomon, devenir ton « coerrant ». Chaumier nomme cette forme d’amour non-attachée la « fission anale amoureuse » dans laquelle il n’y a plus d’allégeance au « nous-couple » mais un choix individuel d’aimer l’autre sans cesse renouvelé.

Comme le disait le grand Spinoza, « le désir est l’appétit accompagné de la conscience de lui-même ». Non, tu n’es pas obligé de voir « la vie domestique comme une sentence absurde et nécessaire », poulet. Entre le couple monolithique et le papillonnage vide de sens, ya tout plein de nuances de gris que je te souhaite la chance de pouvoir explorer tout au long de ta vie amoureuse. Et si possible avec la même rose, que tu kifferas aller voir pour l’arroser, jour après jour.

Jusqu’à ce que la mort vous sépare. Forever ever.

Je veux pas que tu me sauves. Je veux que tu restes près de moi pendant que je me sauve moi-même.
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