[CLE 19] Bien Vieillir: 6 conseils de merdePrend 16 minutes de ta life à lire

Le bonheur est l’absence de lutte pour le bonheur

« Vieillir », déjà, ça veut dire quoi en fait ? C’est comme dans le sketch de Bigard, t’as une date bien précise de vieillesse ? C’est quand alors : la première fois que tu fais un sudoku ? Que tu mets des charentaises à la maiz ? Que t’as un cheveu blanc ? Que tu portes des lunettes ?

Tu l’as bien compris, toussa, c’est de la connerie. Jvais te dire un scoop : du moment que tu nais, tu vieillis, puisque tu vas vers ta mort. Et elle peut arriver : avant même que tu sortes du four (coucou tata), juste après (coucou cousin), avant ta majorité (coucou ptit couz) ou juste après ta retraite (coucou papa). Alors certes, la logique veut que tu aies tout de même le temps de devenir aussi molle et livide et fripée et appétissante qu’une fritte McDo froide, mais même ça, ça te fait moyen kiffer. Et je te comprends.

 

Tu as donc plusieurs options compatibles afin d’appréhender l’âge avec sérénité. Passons-les en revue papy, azy, sors la loupe.

 

  1. Te rendre compte que t’as grave de la chatte.

Alors ok, peut-être pas là de suite devant toi hein (sauf si tu possèdes un chat de sexe féminin ou que tu lis cet article avec ta meuf les pattes ouvertes), mais quand même. De la chatte de voir le jour se lever depuis [insert nombre de jours que tu as vécus, grâce à l’algorithme complexe AGEx365]. De la chatte de pouvoir vivre toutes ces expériences cognitives, de voir tous ces films de ouf, d’entendre toutes ces merveilleuses musiques, de sentir tous ces parfums enivrants, de ressentir l’air, l’eau, le soleil sur ta peau et le sol sous tes pieds. De la chatte de recevoir le le hug d’un ami cher.

 

T’as remarqué, je te parle pas du fait de réussir dans la vie. Pasque mec, sois sérieux une minute. Tu crois vraiment que sur ton lit de mort, tu te diras « au moins j’ai fait 3 millions, chuis arrivé premier de ma promo en 1988, j’ai eu les plus belles meufs dans mon lit et la plus grosse voiture de la ville », et que tu t’extasieras en pensant à ça? ? Han han, jcrois pas nan. Voilà ske tu te diras :

« Putain, j’en ai eu de la chatte. J’ai aimé et été aimé. »

Je te conseille donc d’entretenir cette chatte / régulièrement avec un trimmer de bonne facture en bossant sur ton empathie et ta relation aux autres. Commence par arrêter de suite toute forme de racisme et de jugement sur les pratiques sexuelles des gens, ça sera un bon début. Ensuite tu pourras t’attaquer à essayer de faire du bien aux personnes qui te côtoient, en n’oubliant pas le principe du « c’est en étant bon avec autrui que je l’aime, pas le contraire ».

Avec ça, tu es assurée d’avoir une chatte resplendissante, volumineuse et exponentiellement adorable. Promis.

  • 2- Savoir te faire bien iech comme une grosse merde.

C’est le fléau de notre époque, ma ptite vieille : l’hyperactivité. Depuis l’avènement du saint smartphone et de son altesse la 4G, plus une minute ne passe sans un push, une notification de ta dizaine d’app, un texto ou un appel. Mais tu crois que quand t’auras 89 ans, t’en recevras beaucoup de push, à part de ton kiné à domicile qui te pushera (lol jeu de mot) à sortir du lit et à lever les bras? Meh.

Ce que tu ressens quand tu vas aux chiottes sans ton phone

Du coup, plus tôt tu te familiariseras avec le silence, plus vite tu sauras comment gérer l’abyssal désert de ta prochaine solitude ; et vice-versa.  Ce silence est ton meilleur ami, puisqu’il te connecte directement à toi-même, donc à ta source, donc à [insert nom de ton Dieu. Si t’es athée, remplace par « énergie »]. Bon je sais, le grand créateur, t’as pas une envie folle de lui serrer la pince de suite, et certainement pas de ton vivant, donc tu fais tout pour l’éviter (et donc léviter, hu hu hu) en t’envoyant en l’air dans tes faux-refuges/vices/hobbies favoris, paradis de la dopamine et du plaisir à court terme.

Donc, si t’es pas capable de rester dans ton lit kiltran à mater le plafond -sans spinner mentalement, sans te lever pour mettre de la musique, sans prendre un Lexomil pour te calmer, sans lire, sans checker ton smartphone; bah tu vas te sentir très, très mal quand ta vision se détériorera, que t’entendras que la moitié des sons, et que tu seras pu trop sûr de ce que tu faisais 10 minutes avant. Le mieux est donc de carrément te poser cette question ci-dessous, et comprendre que tu viens du vide et reviendra au vide, et que c’est pas grave du tout:

10 jours avant ta conception, tu faisais quoi?
  • 3- Choisir tes croyances une bonne fois pour toutes

Bah oui, déjà c’est grave plus pratique de savoir d’avance où tu iras lors de ton trépas. Mais en dehors du nid douillet de « l’après », ya tout ce qui vient avant : tes valeurs (jte parle pas de ta carte de parti politique, quoi que), tes schémas de vie, tes limites, tes fantasmes. Tant que tu seras pas au clair avec toussa, tu vas galérer de ouf à chaque étape. Par exemple, si t’as toujours été hétéro fille mais que t’as aussi toujours eu ce vieux truc en toi qui te dit « mange une shneck, Cunégonde » (Cunégonde, cuni, tu vois le truc?), tu seras pas posey tant que tu l’auras pas fait. C’est zarb, pasque quand on dit « croyances » on pense à un truc très théorique, alors qu’en fait, tout vient de l’expérimentation.

Le souci c’est que tes croyances de base t’ont été inculquées dans les années où tu étais ultra-perméable au nawak que les adultes avaient dans la tronche, et qu’en fait, si tu fais le bilan, bah ça ne te correspond pas forcément. Donc je t’enjoins à faire du Descartes pur et dur : prends ton panier de pommes-croyances, vide-le sur une table, et trie-les en te demandant vraiment si yen a pas qui sont toutes pourrites (aka ne viennent pas de Toi mais d’un héritage karmique ou sociétal).

Évidemment, ça demande de te faire un peu violence. C’est tellement pratique de rester dans ton ptit cocon de « nan, ça c’est pas pour moi, ma maman me l’a assez répété ». Mais imagine la liberté que tu peux trouver en arrêtant de te conformer à un système que tu as toujours pris pour concret alors que c’est que des mots. Te demander si tu n’avais pas tort depuis tes 12 ans peut ne pas être super agréable, j’avoue. Maiiiis… imagine l’infini de possibilités et d’ouverture d’esprit que tu peux gagner aussi, si tu t’octroies le droit de ne pas être « qui tu es » (aka, le personage que tu t’es forgé par peur de l’inconnu). De toutes façons ma poule, jvais te dire : tu te feras enculer dans tous les cas, que tu crois dur comme fer au ptit Jizzus, au romantisme, à Mélanchon ou à Heidegger. Donc crois en ce qui te fait du bien, tout en sachant que tu sais que dalle et que c’est juste un fil d’Ariane qui te permet d’aller jusqu’à la crevure sans trop trop flipper. Je te renvoie encore à Ruiz et ses Accords Toltèques, le cinquième étant un peu moins connu que les 4 premiers.

Jesus t’aime. Je suis sûre qu’il dit ça à toutes les meufs. OUUUUHHH YEAH
  • 4- Foutre tes regrets/remords/rancunes au rebus

Une fois que t’as vidé ton panier de pommes, tu peux malgré toi le re-remplir des trucs qui t’encombrent depuis toujours, et je veux parler ici des trucs cités dans le titre du paragraphe. Ouais je sais, tatie Lucette (personnage récurrent du blog, tavu) t’a violée avec ses doigts tout fripés quand t’avais 8 ans. Et ? Ça doit façonner l’intégralité de tes sentiments et émotions, ce truc ? Tu sais bien que non. C’est trop facile aussi de te positionner comme victime, ou bourreau (si t’es Tatie Lucette) ou sauveur (si t’es le cousin qui s’est rendu compte du truc et t’a emmené loin). C’est facile de passer ta vie à pleurnicher sur ton sort et ce que des gens t’ont fait subir, à te flageller pour les choses pas super éthiques que tu as faites, à passer à côté de ta vie pour sauver tout le monde. Mais être toi-même dans l’instant présent, avec ce que tu as à offrir de par tes capacités mentales et physiques, en quoi ça serait si compliqué ? Non, t’es pas maudit.

Je pense que quelqu’un m’a jeté un sort. Comment je peux me débarrasser de cette malédiction? Arrête juste de croire aux malédictions.

Et surtout, non, personne ne t’en veux, et t’as pas besoin d’en vouloir à qui que ce soit. Pourquoi ? pasque tout le monde est dans le même bateau que toi, à naviguer au grès des flots, à pas savoir où il va ni pourquoi il se réveille chaque matin. Donc les conneries qu’ils/elles font ne viennent de nulle part précisément et ne vont surtout nulle part. Non, les gens ne sont pas des démons en puissance gouvernés par l’esprit de Lucifer afin de détruire l’harmonie de ton petit cœur du monde des mortels. Le seul truc contre quoi tu peux en avoir, et encore, c’est ta connerie de manichéisme. Plus vite tu t’en débarrasseras, plus vite tu te sentiras léger comme une plume. Sinon…

  • 5- Faire le deuil

Le deuil de quoi ? De tout. De la journée qui vient de passer. Du parent qui ne t’a pas assez cajolé. De tes rêves jamais réalisés. De tes fantasmes jamais consommés. De ce pays de ouf jamais visité. De cette relation qui n’a pas fonctionné. De cette carrière qui a foiré. Des enfants qui ne sont pas nés. De cet argent pas accumulé. De cette maison jamais achetée. De cette jeunesse qui est passée. De cette santé éreintée. De cette opportunité qui t’es passée sous le nez. De cette amitié érodée.

T’as eu assez de rimes en « é », ayé ?

Bref. Faire le deuil d’un truc alors que t’es toujours vivant.e, c’est chaud patate. Paske qui dit deuil, dit mort, hein. T’aurais voulu que ton boss te file cette promotion ? Bah nan. Tu voudrais que ta meuf arrête de te tromper et comprenne que tu es l’homme de sa vie ? Bah non. Tu kifferais que ton vieux pote de lycée qui se disait ton « fraté » vienne te voir à l’hosto ? Bah non.

Quand l’Univers te donne ce dont tu as besoin au lieu de ce que tu veux

Que ce soient des trucs que tu désires sans pouvoir y accéder, ou au contraire que tu rejettes mais qui te skattent quand même, ça puducul. Tout n’est que souffrance sa mère la pute.

Pourtant, si t’es prêt.e à changer de nationalité, je te conseille l’Inde et sa sagesse infinie. Paske les indiens sont cool, et eux, ils arrivent à faire le deuil de tout, tout le temps. Kiffe leurs leçons de vie.

Pour résumer : dans la vie, ya des moments bien précis ou une situation débute : nouveau.elle job, pays, rencontre, maladie, projet, amitié, hobby. Ce truc-là est susceptible de durer toute ta life, mais aussi très probablement non. Il aura donc une fin. C’est marrant ça, pasque ça ressemble fortement à ta naissance et ta mort (à moins que tu deviennes immortel.le)

Le souci, c’est que tu t’accroches à ces situations comme une pute en manque de crack s’accroche à la jambe de son pimp. Le fait même d’être vivant.e est ta drogue et ton kiff, et tu ferais tout pour éviter de caner.

Dans ce cas-là, comment accepter n’importe quelle situation qui se termine ? Pas possible. Tu vas continuer à te casser les dents sur une carrière qui te fout la diarrhée, sur une relation qui va nulle part, sur un lifestyle qui te vide de ton énergie, sur un projet qui ne se concrétise pas depuis mille ans. Et en attendant que la dite situation se débloque toute seule, elle passe où ta vie ? Dans ton rectum tout endolori d’essayer d’y faire rentrer un truc juste trop gros et rêche.

Laisse aller, ma couille. Hisse les voiles et ne te retourne pas. Même si ton pimp vient te proposer un fix. Pourquoi ? Pasque si tu acceptes, tu laisseras pas la place à ce qui attend juste après. Et qui sera forcément plus cool que la mouise dans laquelle tu patauges depuis [ insert nombre de mois/ années que tu luttes contre un truc qui tourne en rond ]

Je te dis pas de devenir une sociopathe sans coeur, mais presque. Si tu as lu les leçons de vie des indiens, tu peux faire la parallèle avec toi-même: oui, tu as le droit d’arrêter de parler à quelqu’un qui te blesse jour après jour. Le droit de mettre les voiles et de cramer ta thune dans un tour du monde alors que ta meilleure amie est au RSA. Le droit de poser ta démission même si ta patronne est super sympa avec toi. Tant que t’es honnête avec toi-même et les autres, tu as le droit de ne pas t’attacher à un truc qui ne te convient pas. C’est pas être égoïste, c’est être un vrai humain libre.

                  6- Garder ta dignité

J’ l’avais juste évoqué ya fort longtemps dans cet article, donc je me permets de te rappeler les trucs qu’il faut que tu évites de faire si tu veux pas crever avec des gros regrets sa race.

  • vivre la vie des autres: je sais bien que tu veux rendre papa/maman fiers, en mettre plein les yeux à tes potes du quartier, voire devenir célèbre pour niquer tout ce qui bouge. Mais sucer des valeurs qui ne sont pas les tiennes va à terme te revenir dans la tronche telle une ejac dans l’oeil (ndlr: ça fait très mal).

Dans cette jolie roue des valeurs et des besoins primaires, fais attention au ratio que tu apportes à chaque partie. Trop de réussite sociale risque de bouffer sur ton rapport à la tradition (comme ce jour maudit où t’as accepté une ligne de coke en after work pour faire bien, alors que t’es ultra anti-drogue). Trop de bienveillance peut nuire à ta sécurité (si t’es un gros naïf qui aime tout le monde). Trop de conformité t’empêchera d’explorer ton côté hédoniste (jusqu’à ske tu pètes un câble et quittes mari et enfants pour enfin faire ce tour du monde).

  • ne pas exprimer tes sentiments: Ils peuvent être négatifs ou positifs, car je te parle pas uniquement d’oser dire à ta meilleure amie que tu crèves d’envie de lui bouffer le fion. Même au quotidien, tu prends trop sur toi et si tu ne dis pas clairement ce qui va et ne va pas, tu risques de te retrouver au point du dessus, cad vivre une vie qui n’est pas la tienne. Et là, bonjour les pétages de piles en mode dépression ou colère noires. Donc, arrête de suite tes fake-smiles, ta froideur feinte, ton ultra-rationnalisation, tes « non » alors que tu penses « oui », etc. Ça te permettra de pas tourner autour du pot et de pas faire perdre de temps aux autres par la même occasion.
La première meuf dans l’espace: « Houston, on a un problème ». « Quoi? ». « Laisse tomber ». « Quel est le problème? ». « Rien ». « Allez, dis ». « Nan, ça va. »
  • ne pas s’octroyer le bonheur: Là non plus, je te parle pas forcément du gros truc de tes rêves après lequel t’as oublié de courir à cause de ta vie d’adulte, mais le bonheur au quotidien, comme par exemple: assumer tes choix, dire merci, admirer un truc beau (longtemps, pas juste le temps de prendre une photo), te souvenir des bons moments, patienter sans te prendre la tête, apprécier un plat, bref, tout ske jte racontais dans cet article.

  • travailler trop: Pas la peine de te faire un dessin. C’est les vieux mourants qui le disent alors fais-leur juste confiance: calme-toi sur les heures de taf. De toutes manières, le taf est un pré-construit sociétal qui va perdre toute sa valeur d’ici 30 ans. Ça vaut pour toi aussi, l’auto-entrepreneur qui pense être libre alors qu’il s’auto-esclavagise, hein. La thune c’est bien, mais tout est affaire de modération, donc fais gaffe à pas t’oublier (ni tes proches)

  • couper les ponts avec tes amis: Là aussi, c’est simple. Au même titre que l’amour, l’amitié se construit année après année, et particulièrement au travers des coups durs gérés ensemble. Voir tes potes ou ton mec juste pour les bons moments et uniquement quand tu en ressens le besoin, les laissant tomber le reste du temps est non seulement une attitude d’enculé.e mais te rendra solitaire et fermé. Je te dis pas de voir tes 8 meilleurs potes toutes les semaines non plus, mais penser garder le contact juste paske tu leur envoie un MP une fois tous les 2 ans pour leur dire « hey mec, ça farte? » c’est un peu léger sur le long terme.
C’est toujours cool d’avoir quelqu’un dans ta vie qui te fait sourire, même s’il/elle n’est pas à tes côtés

Conclusion:

Plus vite tu appliqueras ces conseils à la con, plus vite tu seras prêt.e à vieillir correctement sans te prendre le chou à la moindre occasion. Plus vite tu accepteras ce qui vient et qui part et seras serein.e. Plus vite tu kifferas la vaïbz même si ton flow =  mariages successifs, enrôlement chez Osho, casaniérisme extrême à la Tanguy, sports extrêmes. Bref, tout ce qui  ≠ les valeurs basiques qu’on te force à avaler telle de la cyprine périmée. N’oublie pas, le tout est de participer, pas d’être le meilleur. Pasque même le meilleur crèvera comme une merde, comme toi, dans pas si longtemps. Alors enjoy!

 

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