[CLE 6] Prendre une décision: 11 étapes facilesPrend 11 minutes de ta life à lire

Dur, dur.
First World problem

On va aller plus loin dans la technicité intrinsèque à la méthodologie directe de l’utilisation pragmatique de tes capacités de raisonnement, en prenant comme exemple le dilemme classique du « je le rappelle ou pas ? »

1- Reste bien dans ta merde. Oui oui, tu lis bien, t’inquiète. Reste bien dans ta merde puante de doute et de prise de tête, baigne bien dedans. Ce truc qui fait que tu sais pas quoi faire, que t’as le cul entre deux (ou plus) chaises, c’est le Papancha. Un terme zen pour dire l’anxiété, en gros. Le principe ici : Pas de boue, pas de lotus. Ouais, un lotus ne poussera que dans la boue la plus dégueue possible. Donc, commence par accepter ton caca mental, car il te servira de terreau pour faire germer tes belles idées de changement et tout ça.

2- Commence à te calmer. Pour ce faire, je te rappelle juste quelques chiffres : La Terre est apparue ya environ 4500 milliards d’années. Les dinosaures ont vécu 160 millions d’années, et sont tous morts sans qu’on sache comment, ya 65 millions d’années. Nous, ça fait 7 millions d’années qu’on squatte le caillou. Il y a 100000 trillions de molécules composant un seul ADN. Sur toi, il y a environ 100000 milliards de bactéries se livrant une guerre sans merci pour conquérir ta peau.

Et toi, t’es là pour environ 100 petites années. Dans tous les cas, tu feras pas grand impact sur le cours des choses. Alors respire.

3- Tue tes télécommandes, aux sens propre et figuré. Nan, vraiment. Prend un marteau et éclate-leur la gueule, ou si t’es ruiné, fous les dans un tiroir. Débranche ton tel (oui voilà, mets-le en mode avion, ça ira). Éteins ton ordi ; ta solution n’est pas sur Googl. Bonus, pasque jte vois venir : écrase ton spliff. T’éparpiller en consommation va disloquer ta pensée. Et t’as besoin de toutes tes facultés aujourd’hui, puisque t’as un problème à résoudre. Alors, on est pas mieux, là ?

4- Non, t’es pas mieux ; t’es pire. Mille doutes t’assaillent : gauche ou droite ? Marine ou Mélanchon ? Faire du sport ou bouffer un cookie ? Paris ou Montréal ? CDI ou CDD ? Gosses ou pas gosses ? rappeler Maxence ou rappeler Mélinda ? Noël chez papa ou chez maman ? Pas simple, tout ça.

Avant, tu faisais les études que tes parents, toujours mariés, te disaient de faire. Puis tu te mariais, avec une personne de l’autre sexe, que souvent tes parents (encore eux) t’avaient présenté. Puis tu faisais trois mouflets : Jules, Joseph et Marie. Tu bossais avec tes parents (putain mais ils sont partout) ou reprenais leur biz. Sinon, tu labourais ton champ et vendais des carottes jusqu’à ce qu’un ange vienne te chercher pour t’emmener au ciel revoir tes parents (quelle surprise.) Mais les choses ont légèrement changé. La ville, le libéralisme, le net, toussa.

Donc, puisque tu sais pu où donner de la tête, ou si tu dois prendre l’option A ou la B, voilà ske je te propose : regarde au milieu. Oui. Mais ya rien, au milieu ! Bin justement dugland, c’est ça qui est intéressant. Ya rien. Concentre-toi donc bien là-dessus. Par exemple, mate une simple fleur. Mate la bien.

5 – T’y es ? Elle est belle, la fleur ? Ouais, mais tes enculés de doutes continuent de te battre la caboche. Alors ton esprit les chope un à un, et hop, oubliée la fleur. C’est normal. Alors prends le truc et regarde le vraiment, comme avec la fleur.

N’oublie pas, ton dilemme, c’est « est-ce que je le rappelle ou pas, le mec ? ». bien évidemment, tu es pris en fourchette : si tu le rappelles pas, il risque de t’oublier purement et simplement. Si tu le rappelles, tu passes pour un psychopathe et risques de le faire fuir. T’es donc foutu. Alors prend ta question, et regarde-la pour ce qu’elle est : une simple question. Pas une mise à mort. Pas un contrat à signer un gun sur la tempe. Pas un acte manqué qui te coûtera cher. Pas une possible erreur. Pas une possible solution. En gros, fous la paix à ton problème deux minutes, laisse-le vivre et souffler. Concentre-toi sur la fleur, même avec ta question en fond d’écran.

6- Elle est de plus en plus belle, la fleur, nan ? C’est limite si elle te donnerait pas envie de chialer. C’est là que jte dis : fuck les limites. Laisse ton Buffer Overflow opérer de suite, si tu veux pas te coller une migraine. Chiale un coup. Déjà, ça videra ton tampon des énergies négatives accumulées, et bonus : tu pisseras moins. PS : tu peux préférer te pignoler sévère devant la fleur, plutôt que pleurer. Ça va, on t’en veut pas ; le tout étant que quelque chose sorte.

Martine, dans l'Auberge Espagnole, elle est super bonne. Mais chiante. Mais belle. Mais elle fait que râler. Mais elle est attachante. Mais relou. Etc.
Martine, dans l’Auberge Espagnole, elle est super bonne. Mais chiante. Mais belle. Mais elle fait que râler. Mais elle est attachante. Mais relou. Etc.

7- Pfiou, ça fait du bien ! Alors, ton dilemme ? Arf, il est toujours là, ce petit fils de pute. Si t’es croyant, tu vois un ange à ta droite, un diablotin à ta gauche, et le plus déstabilisant, c’est qu’ils n’arrêtent pas d’intervertir leur place pour bien te rendre dingo. T’aimerais bien que ce ptit cirque se calme ? Alors fais comme tout à l’heure : observe le cirque de tes pensées, mais sans les juger, puisque tu sais désormais que les notions de bien et de mal sont illusoires. Une fois que t’en es là, ton dilemme n’est plus un dilemme bien/mal, mais juste un choix d’options toutes aussi valables l’une que l’autre. Comme t’es pas Elisabeth Teissier (lol), tu n’as aucun moyen de prévoir les conséquences à long terme de ces deux options possibles. Donc, bon.

8- Maintenant, reviens à toi. Juste toi, pas le mec que tu veux si passionnément rappeler comme un gros psycho. Dis-moi mon mignon : quel est ton but ultime ici ? Ta vraie intention ? Et plus important encore : pour quoi es-tu prêt à en prendre plein la gueule sans broncher ? Pasque mon petit doigt me dit que si t’as ce dilemme, c’est que t’as peur de passer pour un con, de te faire rejeter par cet être tant aimé. Ah, la peur, ta grande amie ; celle qui te refourgue tout plein de biais cognitifs de merde. Oublie-la deux secondes, et écoute ton bide.

C’est quoi, le truc qui te file des giclées d’adrénaline de folie ? Attention, je te parle pas de paix d’esprit ou de vague notion de confort, de kiff ou de like. Je te parle pas d’un truc qui « te plaît », crevure. L’intérêt, c’est de la daube. Je te parle du feu sacré, de la passion. Pas d’un truc « j’aimerais bien ». Pas un truc par dépit. Pas un truc que tu penses « bien aller avec ta personnalité ». Pourquoi ? Pasque ta personnalté évolue tout le temps, ducon ! t’écoutes rien, ma parole. Bon. Donc c’est quoi, ce truc qui te fait sourire sans même que tu t’en rendes compte ? ce truc que quand tu le fais, il te fout en transe, te fait oublier le passé et le futur ? ce truc qui te submerge tellement, que tout ce qu’il y a autour devient soudainement flou ? Ce truc que s’il n’existait pas, tu te sentirais vide et inutile ? Ce truc qui fait que même si t’as l’air débile en le faisant, tu t’en branles sévère ? Prend donc ici exemple sur ton serviteur Furaxfakir, qui écrit ces merdes en continu, alors que personne ne les lit. Triste, et pourtant, je persiste.

9- Alors, ce dilemme ? Toujours là ? Normalement, il devrait te sembler plus petit. Eh ouais bébé, c’était le slogan du site : piques, pipeau, et lévitation. T’es en train de prendre du recul, et tu vas vite capter que pour pas faire de conneries, faut en avoir quelque chose de plus à foutre que des conneries. Si tu as une passion dans ta vie, qu’elle soit artistique, sportive, esthétique, familiale, pro, tu as une valeur immuable qui t’ancrera toujours dans ta réalité ; par conséquent, quand un truc de merde te tombera dessus, il t’atteindra bien moins que si t’es un zombie. De plus, et de manière générale, tout ce que tu fais, tu dois le faire pour le fun, et ce, quelle que soit ton intention finale. D’ailleurs le mieux, c’est de tout simplement ne pas en avoir, d’intention finale, puisque tu ne sais pas comment les choses vont tourner. Aussi bien ce mec que t’as envie de rappeler, c’est le diable en personne et dans six mois il découpera ta mère en morceaux avant de te faire manger son foie de force. Alors vas-y mollo, au cas où. Car oui, Pascou le philosophe mort avait raison : le but atteint ne te satisfera pas une fois atteint. Il te créera juste de nouvelles envies, et tu courras comme un benêt à ta perte. La seule chose qui te fera te sentir bien, c’est l’investissement que t’auras mis dans ton projet. Et ce, tiens-toi bien : que tu réussisses ou pas. Car c’est le processus, donc, qui compte, et lui uniquement te rendra heureux, car d’une manière ou d’une autre, tu t’amélioreras. Si tu ne vois que le résultat, ça va t’obséder, et te faire prendre des décisions de merde. Ne cherche pas d’épiphanie non plus, et surtout pas en dehors de toi-même. Si Googl n’a pas la réponse à ton dilemme, ta sœur non plus, et ton chat, jt’en parle même pas. Lancer un dé ne fonctionnera pas non plus, donc tu peux le ranger de suite. Comme disait Sartre, seul toi sais ske tu dois faire. Faut juste t’écouter.

10- Alors c’est bon, tu sais, t’as fait ton choix ? Bon, re-calme-toi de suite, petit. Pose ce téléphone ! Un dernier conseil : ne pars pas en obsession idiote sur le truc. OK, tu vas prendre action. C’est super et tu peux être fier de toi. Mais l’obsession est aussi pourrie que le dilemme en lui-même, car elle te fait retomber dans le Papancha. Bizarrement, tu dois être aussi détaché que possible pour faire une chose correctement. La formule : attachement = angoisse = étroitesse d’esprit = connerie. Là, il s’agit de devenir gentiment schizo, pour la bonne cause : tu dois faire l’action (comme un acteur) tout en ayant une position détachée de spectateur sur le truc. Tu vois ? En gros, selon que t’es d’un naturel optimiste ou pessimiste, tu dois faire le truc en te disant, au choix, que c’est impossible que tu échoues, ou bien que tout ça ne sert strictement à rien. Et à l’échelle de l’humanité, c’est certainement le cas, mais passons, faut quand même prendre tes couilles dans tes mains et décider. Fais-le sans penser aux conséquences. Vu que t’es là pour pas longtemps, je te conseille de te bouger le fion à fond, et de suite.

11– Enjoy, ma poule ! Ah, et si jamais tu te demandes encore si tu devrais aller jusqu’au bout de ta décision, ou juste essayer une fois et arrêter : va te faire foutre. Tu n’acceptes pas « non » comme réponse, jusqu’à ce qu’on te casse la gueule, ou que tu reçoives une ordonnance du juge d’interdiction d’approcher la personne en question. Et comment tu fais ça ? En étant toi-même. Comme dit Wilde : « sois toi-même, car tous les autres sont déjà pris », logique. Tiens allez, encore une citation à la con comme tu les aimes : Coelho te conseille de « ne pas laisser tes blessures te transformer en quelqu’un que tu n’es pas ».

Et comment tu fais ça ? Comme Harvard, qui a fait une grosse étude sur le bonheur pendant 75 ans, l’a conclu. En gros, t’as juste à toujours te poser ces deux simples questions :

Un : Es-tu obligé de faire ce que tu es en train de faire ?

Deux : As-tu envie de faire ce que tu es en train de faire ?

Si la réponse à ces deux questions est « non » : Fais autre chose.

C’était pas si compliqué, en fait.

 

 

 

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